|
Les Canadiens atteints d’une déficience présentent un niveau de littératie nettement moins élevé que les autres Canadiens — ce qui
est particulièrement vrai dans le cas des personnes présentant un
trouble de l’apprentissage[5].De plus, les Canadiens handicapés atteignent un niveau d’instruction
moins élevé que les autres. À titre d’exemple, 37 % des adultes
présentant une déficience n’ont pas obtenu de diplôme d’études
secondaires, comparativement à 25 % des Canadiens sans déficience[6].
Des compétences plus solides et une
meilleure éducation pourraient favoriser la participation des
Canadiens handicapés à la vie active et au marché du travail. Bien
que les relations entre déficience, instruction, emploi et niveau de
littératie s’avèrent complexes, il est clair qu’une déficience
associée à un faible niveau de littératie a des répercussions
accrues.
Figure 1 :Taux de participation à la vie active des Canadiens
handicapés et non handicapés

Les personnes atteintes d’une déficience
rencontrent souvent des obstacles en matière d’instruction, qui
entravent également leur développement sur le plan de la littératie.
Ces barrières peuvent décourager les personnes handicapées de
poursuivre des études, ce qui réduit leurs possibilités d’emploi. Le
chômage les empêche ensuite de profiter d’occasions de mettre en
pratique et de développer des compétences en littératie en milieu de
travail, ce qui peut contribuer à la dégradation générale de leur
niveau de littératie[7].
Les obstacles à l’éducation et à la
formation des Canadiens présentant un handicap
Si des compétences plus solides et une
meilleure éducation représentent la clé de la participation accrue
au marché du travail, alors il est important de définir les
principales barrières à l’éducation et à la formation des Canadiens
présentant un handicap. En 2008, le Centre du savoir sur
l’apprentissage chez les adultes du Conseil canadien sur
l’apprentissage a financé une initiative de concertation
communautaire sur les apprenants adultes ayant une déficience axée
sur les habitants des provinces de l’Atlantique. Le Independent
Living Resource Centre (ILRC) de Halifax (Nouvelle-Écosse) a été
choisi pour effectuer une recherche au sein de groupes de personnes
présentant une déficience de la Nouvelle-Écosse, du
Nouveau-Brunswick, de l’Île-du-Prince-Édouard et de
Terre-Neuve-et-Labrador.
Par l’intermédiaire d’organisations
partenaires établies dans chaque province, les répondants ont dû
répondre à une série de questions sur leurs déficiences
personnelles, leurs expériences dans le champ de l’éducation des
adultes, les obstacles qu’ils ont rencontrés en tant qu’apprenants
et les stratégies et changements qu’ils recommandent pour surmonter
ces obstacles[8].
Voici les principaux obstacles
rencontrés par les apprenants atteints d’un handicap :
-
L’accessibilité physique :
Très souvent, les immeubles ou les salles de classe étaient
inaccessibles et, dans d’autres cas, aucun mode de transport
public n’était accessible et les apprenants n’avaient aucun
moyen de se rendre au lieu d’apprentissage.
-
Les problèmes financiers :
Les programmes et les cours étaient souvent trop coûteux pour
les apprenants handicapés, qui trouvent également difficile de
franchir les étapes administratives permettant d’obtenir de
l’aide financière aux études.
-
Les attitudes : Les
apprenants handicapés ont déclaré que leurs enseignants ne leur
permettaient pas toujours d’utiliser les ressources qui, en
raison de leur handicap, leur étaient nécessaires pour
apprendre, comme les preneurs de notes et du temps
supplémentaire pour exécuter les examens.
Leçons d’apprentissage : Stratégies
pour surmonter les obstacles à la formation et à l’éducation des
Canadiens présentant un handicap
Comment les Canadiens présentant un
handicap peuvent-ils surmonter les obstacles à l’éducation et à la
formation des adultes afin de développer des compétences plus
solides et d’améliorer leurs résultats sur le marché du travail? Les
répondants du projet de concertation communautaire de l’ILRC ont
émis plusieurs recommandations dans le but de réduire les obstacles
physiques et sociaux qu’ils doivent surmonter. Plusieurs thèmes
communs ont été dégagés, dont l’importance :
-
d’obtenir du financement accessible
aux apprenants atteints d’une déficience;
-
de garantir l’accès à un service de
transport et aux immeubles et salles de classe;
-
d’offrir d’autres modes
d’apprentissage et d’évaluation;
-
de mettre sur pied des réseaux de
soutien par les pairs et des services pour les adultes
présentant des déficiences;
-
de sensibiliser les enseignants à la
situation des personnes handicapées.
D’un bout à l’autre du Canada, un
certain nombre d’initiatives ont réussi à aider les Canadiens
handicapés à poursuivre leurs études secondaires et d’autres types
de formation.
L’Association nationale des étudiants handicapés au niveau
postsecondaire a mis sur pied un projet pour aider les élèves
handicapés terminant leur secondaire à poursuivre leurs études dans
un établissement postsecondaire. Le projet ainsi que le guide
intitulé
Aller de l’avant qui l’accompagne peuvent aider les
étudiants atteints d’une déficience à faire un choix d’orientation
éclairé et leur fournir l’information sur l’aide financière et les
mesures d’adaptation qui leur sont offertes dans les divers
établissements. Le guide dresse également la liste des ressources et
des organismes non gouvernementaux pouvant aider les étudiants à
surmonter les obstacles à la pleine participation aux études
postsecondaires.
Les programmes de transition constituent
un moyen efficace permettant aux étudiants handicapés de déterminer
ce à quoi ils doivent s’attendre lorsqu’ils fréquenteront un
établissement postsecondaire. Installé à Toronto, l’organisme
DiscoveryAbility aide les étudiants présentant un handicap à
effectuer la transition des études secondaires vers les études
postsecondaires ou vers le marché du travail. DiscoverAbility
fournit de l’information sur les programmes d’enseignement
postsecondaire, les carrières envisageables, les services adaptés et
la formation à l’emploi.
The Independence Program (ou « T.I.P. ») aide les jeunes
adultes handicapés à évaluer et à développer les compétences
nécessaires pour vivre de manière autonome tout en effectuant des
études postsecondaires. Pendant trois semaines, les participants
vivent dans une résidence d’étudiants de l’Université de Toronto où
ils apprennent à développer leur autonomie, notamment à faire
l’épicerie, la cuisine, la lessive, se déplacer dans la ville au
moyen des transports publics et gérer leurs propres besoins en
matière de soutien.
Le programme canadien de prêt aux
étudiants favorise l’accès des étudiants atteints d’une déficience
permanente à l’enseignement postsecondaire en leur offrant de l’aide
financière et en leur permettant de s’inscrire à moins de cours tout
en conservant un statut d’étudiant à temps plein ou à temps partiel.
Les étudiants handicapés peuvent également recevoir des subventions
qui aident les étudiants à assumer le coût de la vie avec un
handicap. Parmi ces subventions figurent la
Subvention canadienne d’accès pour étudiants ayant une incapacité
permanente et la
Subvention canadienne visant les mesures d’adaptation pour les
étudiants ayant une incapacité permanente.
L’enseignement postsecondaire inclusif
est un nouveau champ visant à intégrer totalement les étudiants
atteints de déficience développementale dans l’environnement
postsecondaire. Il encourage le développement des talents et des
capacités individuelles dans un environnement où des étudiants de
divers degrés de capacité sont rassemblés dans la même classe. À
l’heure actuelle, la plupart des programmes postsecondaires conçus
pour les étudiants présentant une déficience développementale sont
des programmes d’acquisition de compétences en milieu de travail
offerts en environnement postsecondaire, mais dans des classes
spéciales. L’enseignement postsecondaire inclusif est un nouveau
champ offrant l’accessibilité à l’enseignement postsecondaire allant
au-delà de la formation en milieu de travail[9].
Le
Adult Connections in
Education Program de l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard est
un programme d’enseignement postsecondaire visant le progrès
scolaire et la croissance personnelle des étudiants atteints de
déficience intellectuelle. Le programme combine cours en classe,
étude, activités parascolaires, temps avec les pairs et expérience
de travail.
Mis sur pied en 2001,
STEPS Forward a tout
d’abord reçu le mandat de transformer l’enseignement postsecondaire
en Colombie-Britannique en normalisant l’inclusion des étudiants
atteints de déficience intellectuelle. Le projet vise à développer
les compétences sociales des personnes ayant un handicap
intellectuel afin d’améliorer leurs relations sociales et
professionnelles.
Conclusion
Une recherche a révélé que c’est le
capital investi dans la formation et l’éducation des personnes
présentant les plus bas niveaux de scolarité qui rapporte le plus[10].
Comme les Canadiens présentant un
handicap ont plus de difficulté que les autres à décrocher un
diplôme d’études secondaires, il est à parier qu’ils profitent
davantage des investissements dans leur éducation et leur formation.
Les efforts visant à surmonter les obstacles à l’apprentissage et,
par le fait même, à améliorer les résultats sur le marché du
travail, seront assurément bénéfiques sur les plans économique et
social ainsi que pour l’égalité des droits.
[1]
Statistique Canada. Enquête sur la participation et les
limitations d’activités, 2006 : Rapport analytique, [en ligne],
no 89-628-XIF
au catalogue, 2007. (Consulté le 24 août 2009).
[2] Statistique Canada.
Enquête sur la participation et les limitations d’activités,
2006 : Rapport analytique, [en ligne], no 89-628-XIF
au catalogue, 2007. (Consulté le 24 août 2009).
[3] Statistique Canada.
Enquête sur la participation et les limitations d’activités,
2006 : L’expérience de travail des personnes avec incapacité au
Canada, [en ligne], no 89-628-X2008007
au catalogue, 2008. (Consulté le 24 août 2009).
[4] Statistique Canada.
Enquête de 2006 sur la participation et les limitations
d’activités, fichier de microdonnées public.
[5] Kapsalis, C. The
effect of disabilities on literacy skills. Nepean (Ontario),
Data Probe Economic Consulting Inc., 1999.
[6] Statistique Canada.
Enquête sur la participation et les limitations d’activités,
2001 : Les enfants handicapés et leurs familles, [en ligne], no 89-585-XIF
au catalogue, 2001. (Consulté le 24 août 2009).
[7] Willms, J.D. et
Murray, T.S. Acquisition et perte de compétences en littératie au
cours de la vie, no 89-552-MIF au catalogue – no 16, 2007.
[8] MacLean, S., C.
MacKinnon et L. Miller.
Revisiting Accessibility to Learning: Challenges and Barriers for
Adult Learners with Disabilities in Atlantic Canada, [en
ligne], Independent Living Resource Centre et Conseil canadien sur
l’apprentissage, 2008. (consulté le 1er août 2009).
[9] Conseil canadien sur
l’apprentissage. The Social and Economic Benefits of Inclusive
Post-secondary Education Programs, 2007.
[10] Riddell, W.C.
The Impact of
Education on Economic and Social Outcomes: An Overview of Recent
Advances in Economics, [en ligne], Réseaux canadiens de
recherche en politiques publiques, 2006. (consulté le
1er août 2009). |