PERSPECTIVES
Fondation canadienne des bourses d’études du millénaire
La mission de la Fondation canadienne des
bourses d’études du millénaire consiste à fournir aux étudiants des
occasions de poursuivre les études postsecondaires dont ils ont besoin
pour se préparer un avenir. Les stratégies fondamentales de la
Fondation, dictées par sa mission, comprennent des mesures conçues
pour améliorer l’accès aux études et la persévérance et pour
encourager la réussite scolaire. Stimuler les partenariats entre les
divers intervenants concernés par le cheminement scolaire servira
aussi à atteindre ces objectifs. Depuis sa création, en 1998, la
Fondation en a appris beaucoup sur les méthodes à employer pour
favoriser l’accès et la réussite. Ces connaissances ont des
répercussions sur la politique éducative et sa mise en application,
sur les parents, les enseignants et les facultés, les administrateurs
des conseils scolaires et des établissements postsecondaires, les
chefs d’entreprise et les organisations communautaires et les divers
ordres de gouvernement. Nous vous présentons ici quelques éléments du
rapport annuel qui constitue une première étape dans la formalisation
de ces connaissances.
En ce qui concerne les études
postsecondaires, les obstacles à l’accès et à la persévérance (pour
les fins de ce rapport, ce terme réfère à la poursuite et à la
réussite d’un programme d’études) peuvent être classés en quatre
grandes catégories : pédagogiques, financiers, informationnels et
socio-culturels. Parmi ces obstacles, mentionnons une préparation aux
études limitée, un manque de planification
financière, des préoccupations quant aux frais et à l’endettement
découlant des études postsecondaires, un faible intérêt pour les
études et d’autres facteurs motivationnels, un manque d’information
sur les cheminements de carrière, les choix et les options possibles
en formation postsecondaire, un manque de soutien dans la préparation
des études postsecondaires et la transition vers celles-ci et des
obstacles culturels et sociaux en lien avec l’engagement.
À ces obstacles, s'ajoutent ceux
liés aux établissements et aux systèmes
-
Interaction
entre les obstacles.
Certains étudiants appartenant à des segments de la population
actuellement « sous-représentés » au niveau postsecondaire sont
exposés à l’interaction d’un ensemble complexe d’obstacles. Par
conséquent, une réponse stratégique globale devrait tenir compte
tant de l’aide financière que des autres formes de soutien aux
étudiants. Les établissements devraient aussi fournir diverses
formes de soutien, que ce soit sur le plan scolaire ou
parascolaire.
-
Intervention et sensibilisation
précoces : des stratégies clés.
Pour être efficaces, les
programmes de soutien doivent être déployés bien avant que les
étudiants aient terminé leurs études secondaires. Beaucoup
d’étudiants pourraient profiter du fait d’être recrutés de façon
précoce par l’entremise de programmes d’approche au plus tard dès
les premières années d’études secondaires. Les programmes de
sensibilisation précoce servent à préciser et à adapter la
compréhension qu’ont les adolescents des études postsecondaires et
de la place qu’ils y occupent, tout en abordant et en atténuant
les facteurs pouvant nuire à des projets d’études, comme
l’aptitude aux études ainsi que la confiance et l’attitude des
parents envers les études.
-
Le développement de carrière joue un
rôle important dans la visualisation de l’avenir.
Les cadres stratégiques
doivent prévoir des services cohérents et soutenus en
développement de carrière et en éducation au choix de carrière en
vue de soutenir les jeunes avant et pendant la transition vers le
niveau postsecondaire et la carrière (du secondaire au
postsecondaire, du postsecondaire au marché du travail et d’un
emploi à un autre). Les recherches ont démontré que les jeunes
issus de groupes sous-représentés au postsecondaire ont souvent
plus de difficulté à faire le saut entre le secondaire et le
postsecondaire (voire du primaire vers le secondaire) et que le
développement de carrière améliore la situation.
-
« Services d’approche » va de pair
avec « maintien »
Par « maintien », on décrit
les efforts que déploient les établissements postsecondaires pour
accueillir les étudiants sous leur toit, et ce, jusqu’à la fin de
leurs études. Le maintien se traduit aussi par les efforts des
établissements qui tentent d’abaisser les taux d’abandon. Il peut
aussi comprendre des stratégies concernant le recrutement, l’aide
financière, la réforme des programmes, les services de soutien aux
étudiants et des innovations pédagogiques. Sont primordiaux les
services de soutien et les stratégies de maintien aux études
destinés aux étudiants de première année.
-
Les bourses accordées après
consentement d’un prêt sont une pierre d’achoppement pour certains
étudiants.
Il est peu probable que les bourses conçues pour encourager
l’accès en réduisant le coût net des études supérieures pour les
étudiants à faible revenu soient vraiment efficaces si elles ne
sont accessibles qu’à la condition que l’étudiant contracte
d’abord un emprunt ou qu’il ait du moins droit à un prêt. Les
étudiants doivent avoir la possibilité de recevoir des bourses
sans nécessairement devoir s’endetter.
-
La dette ne doit pas prendre trop
d’ampleur.
Le niveau d’endettement doit être modéré de sorte que les
étudiants ne soient pas dissuadés de poursuivre et de terminer
leurs études. Des recherches ont démontré sans équivoque que les
niveaux d’endettement jouent un rôle au chapitre de la
persévérance aux études postsecondaires et que la réduction de
dette influe positivement sur le maintien aux études.
-
La réticence à l’endettement peut être
un facteur plus important pour les populations sous-représentées.
Même s’il faudrait étudier
plus à fond la question pour déterminer le seuil au-delà duquel
l’endettement devient dissuasif pour certains groupes d’étudiants,
des recherches portent à croire que les étudiants issus de groupes
sous-représentés sont plus réticents à l’égard de l’endettement
que la population étudiante en général. Cela est susceptible de
réduire l’efficacité des nombreux programmes d’aide financière
destinés spécialement à ces étudiants.
-
L’aide aux étudiants ciblée est un
outil plus efficace pour faciliter l’accès.
Par le passé, de nombreux
pays ont adopté l’aide universelle, comme les crédits d’impôt;
cependant, il existe des preuves à l’effet que ce soutien reste
inefficace et qu’il n’atteint pas ceux qui en ont le plus besoin.
Les gouvernements dépensent des milliards de dollars en accordant
des avantages fiscaux pendant la période d’étude et après
l’obtention du diplôme, avantages qui ne servent ni à améliorer
l’accès ni à atténuer les obstacles financiers liés aux études.
Les bourses fondées sur les besoins et les programmes d’aide
financière ciblée sont des instruments plus efficaces si l’on veut
augmenter l’accessibilité.
-
Les approches systémiques doivent être
liées à des objectifs stratégiques clairs.
Peu importe la stratégie
retenue, les gouvernements doivent établir des objectifs clairs et
quantifiables et évaluer les résultats. Les dépenses publiques,
servant à réduire le coût des études, sont souvent mal ciblées et
ne sont pas toujours liées à des objectifs politiques cohérents.
ACCÈS
Les stratégies
- Accorder des bourses d’études
fondées sur le besoin financier et le revenu
- Mieux comprendre les déterminants de
l’accès aux études et de l’aide financière aux étudiant
- Innover pour améliorer l’accès aux
études
La section Recherche du millénaire du
site Internet de la Fondation contient plusieurs études sur les
obstacles à l’éducation postsecondaire, dont :
- L’accès aux études
postsecondaires : surmonter les obstacles, novembre 2007.
-
Le prix du
savoir : Accès à l’éducation et financement des étudiants au
Canada, Troisième édition, septembre 2007.
-
Promotion
2003 – Enquête de suivi auprès des élèves du secondaire, R
.A. Malatest & Associates, juin 2007.
-
Investir
dans leur avenir : Une enquête sur le soutien financier en matière
d’éducation postsecondaire, EKOS, septembre 2006.
-
Sondage
auprès des élèves du secondaire, Prairie Research Associates,
septembre 2005.
-
La
population autochtone et l’éducation postsecondaire : ce que les
enseignants ont appris (2004), R.A. Malatest & Associates,
Janvier 2004.
Les Projets pilotes du millénaire
expérimentent plusieurs manières de lever ces obstacles au moyen d’une
intervention précoce. Les résultats intérimaires seront dévoilés au
début de 2009.
RÉUSSITE ET ENGAGEMENT
Quelques perspectives...
-
La reconnaissance des étudiants a un
effet multiplicateur dans la société.
Il est bénéfique, à la fois
pour les personnes et leur collectivité, de reconnaître et
d’encourager l’engagement communautaire. En soulignant les bonnes
actions des étudiants, il est possible de susciter de l’intérêt
pour le bénévolat et d’inciter les gens à célébrer l’engagement à
l’échelle locale. Les collectivités vigoureuses s’appuient sur le
sens de l’engagement partagé par leurs citoyens. Que ce soit le
travail, l’exercice du droit de vote ou encore l’action bénévole,
les gens devraient avoir le loisir de choisir leur mode de
participation à la collectivité et à la société. À cet égard, la
reconnaissance et l’encouragement de l’engagement communautaire
constituent la pierre angulaire de la promotion des valeurs
canadiennes.
-
Le développement du leadership est
lié à l’engagement des citoyens.
Le développement du leadership revêt une importance capitale au
Canada si l’on souhaite continuer à promouvoir l’engagement,
l’innovation et la prospérité. Le développement du leadership se
traduit par la détermination et la promotion d’un sentiment
communautaire chez les citoyens. Il n’existe pas de modèle parfait
du leadership. Par développement du leadership, on entend la mise
en valeur des possibilités ainsi que le soutien à l’action.
-
Le réseautage ne se fait pas au
hasard.
Le développement du leadership dans le milieu étudiant se fait par
l’établissement de relations et de réseaux. Pour être solides, les
réseaux doivent permettre de relier, par divers moyens, les
personnes qui se renforcent alors mutuellement. La création et le
maintien d’un réseau pancanadien solide exigent la mise en place
d’un programme national bilingue suffisamment étendu pour veiller
à la participation de toutes les régions et de tous les groupes
sociodémographiques.
LES PARTENAIRES
-
Les efforts pour
faciliter l’accès sont plus efficaces lorsqu’ils sont déployés
dans toute la collectivité.
Les parents, les écoles
primaires et secondaires, les collèges et les universités, les
gouvernements fédéral, provinciaux et municipaux, le secteur
privé, les organismes communautaires et les autres organisations
non gouvernementales ont tous un rôle à jouer pour améliorer
l’accès aux études postsecondaires. À l’échelon le moins complexe,
pour envoyer un signal clair à toutes les parties intéressées, il
faudrait l’élaboration d’une politique explicite par les
employeurs, les associations de travailleurs et les groupes
communautaires, les conseils scolaires et les établissements
postsecondaires pour établir des partenariats et des programmes
visant à faciliter l’accès des groupes sous-représentés.
-
Les collectivités ont un rôle clé dans
la préparation de la transition vers les études postsecondaires.
Il est évident que les
relations naissant d’une approche communautaire de l’ouverture de
l’accès aux EPS sont essentielles à la réussite. Il n’est pas
facile d’appuyer une telle approche puisqu’elle ne correspond pas
aux « mandats » confiés aux ministères (lesquels ont l’habitude de
financer les écoles, les collèges, les universités et les
programmes d’apprentissage plutôt que de mesurer le succès à la
réussite des apprenants ou de leur collectivité). Les structures
de financement actuelles ne se prêtent pas facilement au soutien
des programmes conçus autour du partage des responsabilités, donc
de l’obligation de rendre des comptes, entre les divers
établissements. Les approches communautaires commandent un
investissement considérable de la part de la population à l’instar
des autres « établissements ».
-
Les employeurs peuvent aider à tracer
les cheminements scolaires.
On emploie une stratégie
pour amener les jeunes et les personnes sous-employées à «
s’imaginer » dans un milieu postsecondaire. Cette stratégie, axée
sur la projection dans l’avenir, peut devenir une puissante source
de motivation pour entreprendre des études postsecondaires et
persévérer. Les entreprises et les organisations non
gouvernementales pourraient aider à améliorer l’accès grâce à des
programmes de mentorat, des stages ou d’autres possibilités
d’emploi. Les programmes pour apprentis offerts à l’intérieur des
établissements postsecondaires constituent d’autres moyens
d’atteindre cet objectif. Les programmes de bourses commandités,
plus particulièrement s’ils comportent des possibilités de
réseautage avec des employeurs éventuels, sont d’autres outils
efficaces permettant de lier le cheminement scolaire à la
carrière.
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