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Les étudiants de première génération: un concept mais aussi une réalité


Charlène Paradis
Agente de transfert et de liaison
Projet Transitions
Consortium d'animation sur la persévérance et la réussite en enseignement supérieur (CAPRES)

Nouvelle page 2

Transitions est un projet de recherche et de transfert de connaissances financé par la Fondation canadienne des bourses d'études du millénaire.Ce projet entend proposer de nouveaux éléments de compréhension sur la situation des inégalités scolaires dans l'enseignement postsecondaire au Canada selon le double point de vue de l'accès et de la persévérance. L'originalité du projet repose sur le fait que trois équipes y travaillent en complémentarité: une équipe de recherche coordonnée par le CIRST, une équipe de transfert coordonnée par le CAPRES et une équipe de conseillers. En tout, Transitions c'est plus de 60 chercheurs, enseignants et professionnels provenant de 10 collèges, 11 universités et 14 organismes dédiés à la réussite étudiante. Pour en savoir davantage: Transitions

LES ÉTUDIANTS DE PREMIÈRE GÉNÉRATION :
UN CONCEPT MAIS AUSSI UNE RÉALITÉ
Note 2

Manque de préparation et d’information, absence de motivation, peu de soutien familial ; plusieurs raisons peuvent expliquer le fait qu’un étudiant ou une étudiante décide de ne pas poursuivre ses études au-delà du secondaire. Or, dans une société où l’éducation postsecondaire est importante et constitue un gage de réussite professionnelle et sociale, n’est-il pas nécessaire de se questionner davantage sur les facteurs qui entravent l’accès aux études de certain type d’étudiants ? C’est ce que se sont demandés les chercheurs du projet Transitions en proposant d’examiner de plus près le concept d’ « étudiant de première génération ».


Qu’est-ce qu’un étudiant de première génération ?

La notion d’ « étudiant de première génération » a été développée dans les années 1980 aux États-Unis où elle est utilisée à la fois comme catégorie administrative et comme notion théorique. Depuis, on se sert de la « variable EPG » dans le but d’identifier les étudiants qui proviennent de milieux défavorisés. Son adoption dans les établissements d’enseignement américains permet ainsi de mieux orienter les programmes d’accueil et d’intégration pouvant mieux soutenir leurs études. Par ailleurs, l’abondante littérature scientifique sur le concept d’EPG montre que l’on s’interroge beaucoup sur ce type d’étudiants, qualifié « de population à risque » à l’égard de l’accès et de la réussite. Le concept d’EPG, c’est aussi une réalité : l’étudiant « de première génération », c’est l’étudiant dont les parents n’ont jamais fréquenté le collège ou l’université. C’est aussi l’étudiant qui est le plus susceptible d’avoir des difficultés à entreprendre des études postsecondaires, à réussir et à obtenir son diplôme. Au côté de ses pairs, cet étudiant débute sa carrière scolaire avec certains désavantages, et ce, principalement en raison du faible niveau de scolarité de ses parents. Ainsi, s’intéresser de part et d’autre à l’utilité administrative de ce concept et à la présence ou non de ces étudiants dans nos institutions, constitue un premier pas vers une meilleure connaissance des inégalités d’accès et de réussite aux études supérieures. L’analyse critique de la littérature sur ce type d’étudiants, nous permettra non seulement de mieux comprendre le concept d’EPG, mais aussi, de mieux cerner les enjeux qui peuvent influencer le parcours scolaire de cette population étudiante qui, somme toute, demeure encore sous-représentée dans nos institutions d’enseignement supérieur.

Pistes de réflexion et d’action

Concrètement, ce concept peut-il être utilisé dans nos institutions ? Qu’est-ce qu’il nous permet de faire pour encourager l’accès et la persévérance des EPG ? Grâce à l’analyse critique de la littérature sur le concept d’EPG qu’ils ont effectuée, les chercheurs sont en mesure d’affirmer que le concept d’EPG pourrait servir d’indicateur dans nos institutions afin de mieux mesurer le niveau d’accessibilité. Et sur le terrain, il permettrait de cibler une population importante d’étudiants « à risque » afin de leur proposer un meilleur encadrement. Pour rejoindre les EPG, comme l’ont démontré les programmes américains, les activités d’accueil et d’intégration demeurent des moyens efficaces puisque ces étudiants sont nombreux à manquer d’informations, de modèles et de repères pouvant mieux les préparer à réussir leur expérience au collège ou à l’université.
 

Chercheurs :
Pierre Doray (CIRST-UQAM), Rémy Auclair (UQTR), Paul Bélanger (UQAM), Pierre Mercier (Université d’Ottawa)

Coordonnateurs et assistants de recherche :
Lucia Mason, Amélie Groleau, Monic Gallien

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Contactez-nous : charlene.paradis@uquebec.ca, groleau.amelie@uqam.ca

 

             

                  

 

Octobre 2008

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