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Les femmes des Premières nations et les études postsecondaires au Canada: Faits saillants du recensement


Shelly Milligan


Statistique Canada

Evelyne Bougie



Nouvelle page 2
Cet article est paru dans la rubrique: Questions d'éducation: le point sur l'éducation, l'apprentissage et la formation au Canada, sur le site de Statistique Canada en Octobre 2009. Le CAPRES diffuse ici les faits saillants du recensement des femmes des Premières nations et les études postsecondaires au Canada.


Les études postsecondaires procurent à l’individu et à la société des avantages largement reconnus. La recherche a démontré que l’obtention d’un diplôme d’études postsecondaires permet d’accroître les possibilités d’emploi et de revenu, et constitue une base plus solide pour les collectivités en ce qui a trait au développement économique et à d’autres formes de développement collectif. Ces liens valent pour les Autochtones, de la même façon que pour l’ensemble de la population1.

Le présent article explore l’éducation postsecondaire parmi les femmes des Premières nations au Canada. Bien que bon nombre d’entre elles ne terminent pas leurs études secondaires, il y a lieu de croire que les Autochtones retournent aux études plus tard au cours de leur vie et, par conséquent, qu’ils suivent un cheminement différent de celui des membres de l’ensemble de la population canadienne2 en ce qui a trait aux études postsecondaires. Le présent article contient des renseignements statistiques sur un certain nombre de sujets liés à l’éducation postsecondaire chez les femmes des Premières nations.

Cet article présente des données fondées sur les recensements de 2001 et 2006 concernant l’éducation postsecondaire chez les femmes des Premières nations âgées de 25 à 64 ans, y compris des comparaisons entre les femmes et les hommes des Premières nations, et entre les femmes des Premières nations et les femmes de l’ensemble de la population canadienne. On y examine les variations dans l’obtention d’un diplôme d’études postsecondaires chez les femmes des Premières nations en fonction d’un certain nombre de caractéristiques sociodémographiques comme l’âge, la géographie et le secteur de résidence (dans une réserve par rapport à hors réserve, régions urbaines par rapport à régions rurales). On y examine aussi les domaines d’études les plus courants pour les femmes des Premières nations, et le lien entre les études postsecondaires et l’emploi.

Les Autochtones au Canada

Il y a trois groupes d’Autochtones au Canada : Les Indiens de l’Amérique du Nord (ci après appelés les Premières nations), les Métis et les Inuits. En 2006, un nombre estimatif de 698 025 personnes se sont identifiées comme membres des Premières nations, ce qui représente 60 % de l’ensemble de la population autochtone du Canada et 2,2 % de la population totale du pays. La population des Premières nations est un segment croissant de la population canadienne; le recensement montre qu’entre 1996 et 2006, la population des Premières nations a augmenté de 29 %, soit 3,5 fois plus rapidement que la population non-autochtone (8 %)3.

Définition de la population autochtone et des groupes de comparaison

Il y a diverses façons de définir la population autochtone en fonction des quatre questions connexes posées dans le recensement (ascendance autochtone; identité autochtone; membre d’une bande indienne/Première nation; et Indien inscrit ou Indien des traités). Le présent article est centré sur la définition de l’identité des Premières nations, et porte sur les personnes qui ont fourni une réponse unique d’appartenance aux Premières nations (c’est à-dire, non combinée à une identité inuite ou métisse). Moins de 1 % de la population d’identité autochtone a déclaré plus d’une identité autochtone en 2006.

Les données du recensement pour les Premières nations comprennent les personnes ayant le statut d’Indien inscrit aussi bien que les non-inscrits, ainsi que les personnes vivant dans les réserves et hors réserve. Il convient de souligner qu’il y avait 30 réserves incomplètement dénombrées en 2001 et 22 en 2006. Ces chiffres représentent un nombre estimatif de 40 000 personnes vivant dans les réserves en 2006. Les comparaisons des données autochtones pour l’ensemble des années de recensement incluent seulement les réserves qui ont participé au Recensement de 2001, ainsi qu’au Recensement de 2006.

Dans le présent article, des comparaisons sont effectuées entre les femmes des Premières nations et les hommes des Premières nations, et entre les femmes des Premières nations et les femmes de la population totale du Canada. La catégorie « femmes de la population totale du Canada » inclut l’ensemble de la population des femmes du Canada (autochtones et non autochtones).

Le plus haut niveau de scolarité atteint

Au recensement, on demande aux répondants de déclarer leur niveau de scolarité atteint. Cette information peut servir à classer la population en six niveaux de scolarité atteints :

  • Sans diplôme d’études secondaires;

  • Diplôme d’études secondaires ou l’équivalent;

  • Certificat ou diplôme d’apprenti ou d’une école de métiers;

  • Certificat ou diplôme d’un collège, d’un collège d’enseignement général et professionnel (Cégep) ou d’un autre établissement d’enseignement non universitaire;

  • Certificat ou diplôme universitaire inférieur au baccalauréat;

  • Grade universitaire.

Chaque personne est classée selon son plus haut niveau de scolarité atteint. Dans ce contexte, un certificat, diplôme ou grade mentionné dans la présente analyse (comme un certificat d’une école de métiers ou un diplôme d’études collégiales) réfère au plus haut niveau de scolarité atteint par le répondant, tel que décrit ci-dessus.

Les données du recensement ne permettent pas d’analyser les grades multiples ou les études qui n’ont pas entraîné l’obtention d’un certificat, d’un diplôme ou d’un grade postsecondaire. À titre d’exemple, une personne détenant à la fois un diplôme collégial et un grade universitaire serait comptabilisée uniquement dans la catégorie « grade universitaire ». De plus, les données du recensement ne permettent pas d’analyser les personnes qui ont entrepris certaines études postsecondaires, mais qui n’ont pas terminé leur programme d’études. Dans ce contexte, l’indicateur du niveau de scolarité utilisé dans le présent article, soit le plus haut niveau de scolarité atteint, devrait être interprété en gardant ces restrictions à l’esprit.

Les catégories d’études postsecondaires analysées sont les suivantes :

Métiers : Englobe les personnes qui détiennent un certificat ou un diplôme d’apprenti, ou un autre certificat ou diplôme d’une école de métiers, comme plus haut niveau de scolarité atteint.

Collège : Englobe les personnes qui détiennent un certificat ou un diplôme d’un collège, d’un Cégep, ou d’un autre établissement d’enseignement non universitaire, comme plus haut niveau de scolarité atteint.

Grade universitaire : Englobe les personnes qui détiennent un baccalauréat; un certificat ou diplôme universitaire supérieur au baccalauréat; un diplôme en médecine, en art dentaire, en médecine vétérinaire ou en optométrie; une maîtrise; ou un doctorat, comme plus haut niveau de scolarité atteint.

Postsecondaire général : Englobe les personnes qui ont obtenu un certificat d’apprenti ou d’une école de métiers; un diplôme d’études collégiales ou de Cégep; un certificat ou diplôme universitaire inférieur au baccalauréat; un grade universitaire au baccalauréat et aux études supérieures.
 

En quelques liens

Conclusion

Des recherches plus poussées s’imposent pour mieux comprendre le lien complexe entre l’éducation et les résultats sur le marché du travail pour les femmes des Premières nations. Des recherches ultérieures pourraient tenter de déterminer si les femmes des Premières nations qui ont complété des études postsecondaires occupent des emplois temporaires ou permanents, et à temps plein ou à temps partiel; si leurs revenus d’emploi sont semblables à ceux des hommes des Premières nations et de l’ensemble des femmes qui ont le même niveau de scolarité; ou si les femmes des Premières nations sont employées dans les domaines pour lesquels elles ont été formées.

Des recherches ultérieures pourraient aussi explorer les raisons pour lesquelles les femmes des Premières nations ont tendance à obtenir leur diplôme du niveau collégial plus tard dans la vie. Les données provenant du Recensement de 2006 illustrent que les enfants des Premières nations ont tendance à être élevés par des parents plus jeunes comparativement aux enfants non autochtones4. La recherche pourrait explorer de quelle façon le fait d’avoir des enfants à un jeune âge peut influencer le cheminement aux études postsecondaires chez les jeunes femmes des Premières nations.

Pour en savoir davantage, consulter le site: Statistique Canada

Références

1. Hull, J. 2005. Résultats de la population autochtone dans l’enseignement postsecondaire et sur le

   marché du travail : Canada, 2001. Ottawa : Affaires indiennes et du Nord Canada

2. Voir Hull, J. 2006. Aboriginal youth in the Canadian Labor Market. Direction de la recherche et de

    l’analyse. Ottawa : Affaires indiennes et du Nord Canada; Clement, J. 2009. “University attainment of

    the Registered Indian population, 1981-2006: A cohort approach” dans White, J.P., J. Peters., D.

    Beavon, et N. Spence. (Eds), Aboriginal Education: Current Crisis and Future Alternatives. Toronto:

    Thompson Educational Publishing; voir aussi Vaillancourt, C. 2005. Les diplômés manitobains du

    postsecondaire et de la promotion de 2000 : quels résultats obtiennent-ils? Numéro 81-595-MIF au

    catalogue de Statistique Canada – no 029

3. Peuples autochtones du Canada en 2006 : Inuits, Métis et Premières nations, Recensement de 2006.

   Numéro 97-558-XIF au catalogue de Statistique Canada.

4. Enquête sur les enfants autochtones, 2006 : La famille, la collectivité et la garde des enfants. Numéro

   89-634-X au catalogue de Statistique Canada – no 001.

Mars 2010

 

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