La démocratisation de l’enseignement et le phénomène de massification de
l’enseignement supérieur qui s’en est suivi ont littéralement transformé
l’effectif étudiant des universités québécoises, plus particulièrement le type
d’étudiants qui les fréquentent et les modes de poursuite d’études que ceux-ci
adoptent. De nos jours, les étudiants universitaires qui adoptent un mode de
poursuite d’études dit « traditionnel », c’est-à-dire ceux qui s’inscrivent dans
un programme de baccalauréat dès la sortie de leurs études collégiales pour y
cheminer à temps complet, ne représentent qu’une minorité de l’effectif étudiant
au premier cycle. Des données institutionnelles indiquent, en effet, que ce mode
d’études rejoint aujourd’hui 15 % seulement des étudiants de premier cycle à
l’Université du Québec (UQ).
Une étude réalisée à l’Université du Québec à partir des données des enquêtes
ICOPE montre que les facteurs associés à la réussite étudiante au baccalauréat
sont principalement des caractéristiques qu’on pourrait qualifier de
« traditionnelles » (Pageau et Bujold, 2000). Considérant que les étudiants
adoptent plus volontiers un mode de poursuite d’études « non-traditionnel »,
cette conclusion porte sérieusement à réfléchir. Qui sont ces 85 % d’étudiants
non-traditionnels qui cheminent dans nos établissements? Quelles sont leurs
chances d’accéder au diplôme de leur programme? Quelles sont les stratégies
mises en place à l’UQ pour soutenir ces étudiants dans leur projet d’études?
Cette étude tente de répondre à ces questions en présentant les profils des
étudiants non - traditionnels, leur cheminement et leur accès au diplôme, par
une exploration des données institutionnelles et des données d’enquêtes. Des
résultats pour l’ensemble du réseau de l’UQ seront présentés, mais une attention
particulière sera portée à la situation de l’Université du Québec à
Trois-Rivières (UQTR) qui se distingue par une proportion moins importante
d’étudiants «non-traditionnels» que les autres établissements du réseau de
l’Université du Québec. Avant de présenter les résultats, quelques remarques
méthodologiques s’imposent au sujet des concepts et des sources de données
utilisés.
DES CONCEPTS AUX DONNÉES
Le concept d’étudiant « non-traditionnel » est d’abord apparu dans la
littérature américaine pour désigner les étudiants adultes (âgés de 25 ans et
plus) et les distinguer des étudiants plus jeunes qui, dans le passé,
composaient l’essentiel de l’effectif étudiant des établissements et qui sont
désormais désignés par le concept d’étudiant « traditionnel ». Pour certains
auteurs (Cross, 1980; Lawler, 1991; Lynch ET Bishop-Clark, 1992, 1994; U.S.
Department of Education, 2002), le concept d’étudiant « non-traditionnel »
désigne plus spécifiquement les adultes effectuant un retour aux études, à temps
complet ou à temps partiel, tout en conservant des responsabilités inhérentes à
la vie familiale, professionnelle, ou toute autre responsabilité de la vie
adulte. Dans cette perspective, la principale différence entre les deux types
d’étudiants est donc le nombre de responsabilités qu’ont ceux-ci outre leurs
études.
Dans cette étude, on entend plutôt par étudiant « traditionnel » tout
étudiant âgé de 20 ans ou moins, s’inscrivant dans un programme de baccalauréat
dès la sortie de ses études collégiales pour y cheminer à temps complet. La
limite d’âge a été fixée à 20 ans pour deux raisons : 1) Une personne qui étudie
en continu depuis la maternelle fera son entrée à l’université au plus tard à 20
ans après être passée par des études collégiales pré-universitaires; 2) Un
étudiant peut être admis à l’Université du Québec sans diplôme d’études
collégiales, sur la base d’expériences pertinentes, à partir de 21 ans.
Par étudiant « non-traditionnel », on entend tout étudiant qui, au
premier cycle, n’est pas un étudiant traditionnel, c’est-à-dire qui ne respecte
pas au moins un critère de l’étudiant traditionnel, soit tout étudiant :
-
âgé
de 21 ans ou plus;
-
qui
n’étudie pas pour obtenir un baccalauréat;
-
qui
n’a pas été admis sur la base d’un DEC.;
-
et/ou qui chemine à temps partiel.
Deux sources de données ont été utilisées dans cette recherche : les enquêtes
ICOPE (Indicateurs de COnditions de Poursuite des Études)
et les données institutionnelles provenant des systèmes PRISME et SQUALPE de l’UQ.
ICOPE, se compose d’une série d’enquêtes par questionnaires visant l’ensemble
des nouveaux étudiants inscrits à l’automne dans les établissements de l’UQ.
Jusqu’à maintenant, ces enquêtes on été menées avec un cycle de récurrence de
trois à cinq ans, la première enquête ayant débuté en 1993 et la dernière en
2001. Depuis 1993, près de 23 000 étudiants ont rempli un questionnaire, avec un
taux de réponse moyen de 54 %.
Le cadre d’analyse d’ICOPE repose sur la prémisse que les caractéristiques d’un
étudiant à son entrée à l’université peuvent être mises en relation avec son
cheminement ultérieur pour en tirer des éléments d’explication.
Sur le plan descriptif, l’enquête a pour objectif de constituer un curriculum
vitae des étudiants dès leur entrée à l’université. Ce curriculum est composé
des caractéristiques académiques et sociodémographiques de l’étudiant, de ses
conditions de vie, de son état de préparation et de ses motivations à
entreprendre ses études, de ses intentions de poursuite, de son intérêt pour son
programme d’études et de sa connaissance du programme et des débouchés. Sur le
plan de l’analyse relationnelle, le projet poursuit trois objectifs :
premièrement, de dresser le profil des étudiants à leur entrée et de suivre leur
évolution; deuxièmement, de cerner la dynamique du parcours vers le diplôme par
l’analyse de la relation entre les caractéristiques des étudiants et leur destin
scolaire et, enfin, d’identifier des indicateurs ou des conditions associés à la
réussite des études universitaires.
Les données institutionnelles proviennent d’une part du système PRISME,
constitué des données transmises par les établissements sur les inscriptions et
les diplômes et, d’autre part, du système SQUALPE permettant d’effectuer des
analyses de cheminement trimestre par trimestre et de suivre les étudiants de
leur première inscription dans un programme d’études universitaires à
l’obtention d’un diplôme.
Dans cette étude, les résultats basés sur les deux sources d’information
présentées se distinguent donc par leur couverture : les résultats découlant des
données institutionnelles couvrent l’ensemble des nouveaux étudiants inscrits
(population complète), alors que les résultats d’ICOPE ne reposent que sur les
nouveaux étudiants qui ont accepté de participer aux enquêtes.
LE PROFIL DE LA POPULATION ÉTUDIANTE NON-TRADITIONNELLE DE L’UQTR
Une première statistique qui traduit l’importance numérique de ces étudiants
à l’UQTR : à l’automne 2003, 61 % des nouveaux étudiants inscrits au
baccalauréat sont des étudiants non-traditionnels, alors que ces derniers
représentent 81 % de l’effectif des nouveaux au premier cycle, contre
respectivement 67 % et 84 % dans le réseau de l’UQ, à l’exception de la
Télé-Université (source : PRISME).
Selon les données de l’enquête ICOPE 2001, 72 % des répondants de l’UQTR sont
des étudiants non-traditionnels : 43 % d’entre eux étudient à temps complet et
57 % à temps partiel. Une majorité de femmes compose l’effectif étudiant
non-traditionnel, soit 66 % des étudiants à temps complet et 71 % de ceux à
temps partiel. Les étudiants non-traditionnels à temps complet se trouvent pour
81 % d’entre eux dans des programmes de baccalauréat, alors que 72% de ceux à
temps partiel se trouvent dans des programmes de certificat. 65 % des étudiants
non-traditionnels à temps complet sont des étudiants de première génération,
c’est-à-dire des étudiants dont les parents n’ont pas fait d’études
universitaires, contre 82 % chez les non-traditionnels à temps partiel. L’âge
moyen est de 25 ans chez les non-traditionnels à temps complet, alors que
celui-ci augmente à 34 ans chez les non-traditionnels à temps partiel. En ce qui
a trait à l’interruption des études, les délais d’interruption sont plus
importants chez les étudiants non-traditionnels à temps partiel que chez ceux à
temps plein : 79 % des étudiants non-traditionnels à temps partiel ont
interrompu leurs études pendant plus de six mois, contre 39 % chez les
non-traditionnels à temps complet et seulement 9 % chez les étudiants
traditionnels.
En termes de situation financière, les étudiants non-traditionnels à temps
complet sont proportionnellement plus nombreux (plus de 50 %) que les
non-traditionnels à temps partiel et les traditionnels à considérer leur
situation financière comme précaire. Cette différence entre les
non-traditionnels à temps complet et à temps partiel s’explique probablement par
le fait que la grande majorité des non-traditionnels à temps partiel ont un
emploi, soit 90 % d’entre eux, et qu’ils travaillent pour la majorité à temps
plein (76 % d’entre eux travaillent plus de 31 heures par semaine).
En ce qui concerne les intentions en regard du diplôme, qui constituent une des
dimensions les plus importantes dans l’analyse des cheminements scolaires
puisque la persévérance aux études ne peut être pensée au-delà des intentions
exprimées par les étudiants eux-mêmes (Pageau et Bujold, 2000), les intentions
des non-traditonnels à temps complet semblent plus fermes que celles de leurs
vis-à-vis à temps partiel. En effet, 97 % des non-traditonnels à temps complet
affirment vouloir un diplôme et 89 % prévoient cheminer dans leur programme sans
interruption, contre respectivement 75 % et 57 % chez les non-traditonnels à
temps partiel et 98 % et 93 % chez les étudiants traditionnels. Sur ces deux
derniers aspects, les intentions des non-traditonnels à temps complet
s’apparentent donc à celles des étudiants traditionnels. Lorsqu’ils sont
questionnés sur le niveau d’études auquel ils aspireraient en l’absence de
contraintes, 63 % des non-traditonnels à temps complet aimeraient se rendre aux
cycles supérieurs, contre 41 % chez les non-traditionnels à temps partiel et 62
% pour les étudiants traditionnels. En tenant compte de certaines contraintes
rencontrées par les étudiants (temps, argent, etc.), 59 % des non-traditionnels
pensent qu’il est plus réaliste pour eux d’obtenir un diplôme de baccalauréat,
ce qui est similaire à la proportion observée pour les étudiants traditionnels.
La proportion des non-traditionnels à temps complet voulant poursuivre aux
cycles supérieurs chute quant à elle à 29 %, contre seulement 9 % chez les
non-traditionnels à temps partiel.
L’intérêt envers le programme d’études est un élément important de la motivation
à poursuivre des études (Pageau et Bujold, 2000). 59 % des étudiants
non-traditionnels à l’UQTR ont répondu avoir un très grand intérêt pour leur
programme d’études, alors que cet intérêt est moins élevé chez les
non-traditionnels à temps partiel (40 %). Les étudiants non-traditionnels à
temps complet s’apparentent encore une fois aux étudiants traditionnels, cette
fois-ci ces derniers présentent même une proportion légèrement plus faible (56
%) que celle observée pour les non-traditionnels à temps complet. Lorsqu’on
demande aux étudiants s’ils valorisent davantage les études, le travail ou les
loisirs, presque la totalité des non-traditionnels à temps complet, soit 93 %,
tout comme les étudiants traditionnels (95 %), affirment que les études sont
leur priorité par rapport au travail et aux loisirs. Le fait que seulement 19 %
des non-traditionnels à temps partiel valorisent leurs études s’explique par une
implication plus importante dans le travail : ils travaillent plus (76 %
travaillent plus de 31 heures par semaine) et 74% d’entre eux valorisent
davantage le travail que les études. Au chapitre des motivations, les
non-traditionnels à temps complet, tout comme les étudiants traditionnels, sont
davantage motivés par l’accès à une profession (84 %), mais également par
l’amélioration de leurs conditions de travail (60 %). Les non-traditionnels à
temps partiel, cherchent plutôt à améliorer leurs conditions de travail et à se
perfectionner dans leur domaine d’emploi.
Finalement, les étudiants non-traditionnels à temps complet ont une meilleure
connaissance de leur programme d’études que leurs vis-à-vis à temps partiel. En
effet, les non-traditionnels à temps complet disent connaître le cheminement de
leur programme d’études, l’objet de leurs cours et les débouchés sur le marché
du travail dans une proportion de 58%, 42% et 46 % respectivement, alors que ces
pourcentages sont respectivement de 47 %, 29 % et 39 % chez les
non-traditionnels à temps partiel.
CHEMINEMENT ET ACCÈS AU DIPLÔME
Deux cohortes ont été considérées pour analyser le cheminement des étudiants :
la cohorte composée des nouveaux étudiants inscrits au baccalauréat à l’automne
1993 à l’UQTR et celle de l’automne 1996. Les deux cohortes ont été suivies
pendant une période de cinq ans, soit respectivement jusqu’à l’automne 1998 et
2001. Précisons que ces suivis ont été faits à partir des données des enquêtes
ICOPE de 1993 et 1996.
L’analyse de cheminement de la cohorte de 1993 montre, d’une part, que les
étudiants non-traditonnels ont obtenu un diplôme dans une proportion de 61 %,
alors que cette proportion se situe à 84 % pour les étudiants traditionnels.
D’autre part, 30 % des étudiants non-traditionnels ont quitté l’UQTR sans
obtenir un diplôme, comparativement à 12 % seulement pour les étudiants
traditionnels. La répartition des étudiants selon leur régime d’études à
l’entrée dans le programme, fait apparaître le fait que les non-traditionnels à
temps partiel se distinguent significativement du profil global avec seulement
36 % de diplômés. Il est à préciser que même si ces étudiants cheminaient plus
longtemps, ils n’atteindraient jamais la moyenne observée de 61 %, car la
proportion d’abandons est déjà de 45 % après cinq ans. Notons que l’analyse de
la cohorte de 1996 conduit à des observations similaires à celle de 1993.
En considérant l’ensemble de la population des nouveaux étudiants à l’UQTR,
plutôt que les répondants à ICOPE uniquement, on observe de légères différences
entre les cohortes de 1993 et 1996 : il y a une réduction de la proportion
d’abandons et de diplômés au profit d’une hausse de la proportion d’actifs
(étudiants toujours inscrits ou temporairement absents de leur programme), ce
qui suggère un allongement du cheminement des étudiants, tant chez les étudiants
traditionnels que chez les non-traditionnels. Une autre différence entre les
données de la population et celles d’ICOPE consiste en une proportion moins
importante d’abandons dans les données ICOPE, les étudiants ayant abandonné ou
s’apprêtant à le faire étant probablement moins enclins à participer à une
enquête qui porte sur leur projet d’études.
CONDITIONS DE RÉUSSITE AU BACCALAURÉAT
Une étude menée à l’UQ (Pageau, Bujold, 2000) a permis d’identifier à l’aide
d’analyses de régression logistique(2) des caractéristiques associées à la
réussite au baccalauréat. Les caractéristiques ayant un effet positif
significatif sur la probabilité d’obtenir un diplôme universitaire cinq ans
après son entrée dans un programme de baccalauréat sont les suivantes : vouloir
dès son entrée le diplôme du programme dans lequel on est inscrit, réussir tous
ses cours au premier trimestre, prévoir poursuivre ses études selon un
cheminement continu (à l’exception des trimestres d’été), considérer son choix
d’établissement comme définitif, être motivé par l’accès à une profession, juger
sa situation financière comme au moins satisfaisante, entreprendre ses études à
temps plein, ne pas travailler ou occuper un emploi rémunéré moins de 15 heures
par semaine et être âgé de 21 ans et moins.
Cette série de caractéristiques constitue le modèle général, élaboré à partir
des données ICOPE de 1993, pour tous les établissements de l’Université du
Québec ayant participé à l’enquête. Pour les fins de la présente étude, le
modèle a été adapté à la réalité de l’UQTR, puis actualisé à partir des données
ICOPE de 1996. Des modèles spécifiques aux étudiants non-traditionnels à l’UQTR
ont également été estimés. De façon générale, quatre caractéristiques se sont
démarquées de ces modèles : vouloir le diplôme du programme dans lequel on est
inscrit, réussir tous ses cours au premier trimestre, prévoir poursuivre ses
études selon un cheminement continu et étudier à temps plein, soit quatre
caractéristiques qu’on associe plus volontiers à l’étudiant traditionnel. Quant
aux modèles spécifiques aux étudiants non-traditionnels, une variable s’ajoute,
soit avoir étudié au cours des deux dernières années. Autrement dit, ne pas
s’être éloigné trop longtemps des études.
Des analyses préliminaires pour le certificat ont également été effectuées à
partir des données de l’enquête ICOPE de 1993. Les étudiants inscrits à des
programmes de certificat étant par définition des étudiants non-traditionnels,
il semblait alors intéressant de rapporter ces résultats, même s’ils sont
préliminaires. Les conditions de réussite identifiées pour les étudiants
inscrits dans un programme de certificat sont similaires à celles observées au
baccalauréat : aux quatre caractéristiques observées pour le baccalauréat
s’ajoute le fait d’avoir déjà fréquenté une université, c’est-à-dire ne pas en
être à sa première expérience universitaire.
ACCÈS AU DIPLÔME
Puisque les conditions de réussite sont associées à l’étudiant de type
traditionnel, il semblait intéressant de classifier les étudiants selon qu’ils
possèdent ou non des critères de l’étudiant traditionnel, quatre critères étant
par définition l’étudiant traditionnel. L’ensemble de la population des nouveaux
étudiants au baccalauréat à l’UQTR a été considérée pour cette analyse (source
SQUALPE).
Tant pour la cohorte de l’automne 1993 que pour celle de l’automne 1996, le taux
de diplomation augmente de manière importante avec le nombre de critères
cumulés. Il y a un écart d’environ 50 points de pourcentage entre la proportion
de diplômés chez les étudiants traditionnels et celle des étudiants
non-traditionnels qui ne possèdent qu’un critère traditionnel (soit celui
d’étudier au baccalauréat). En effet, le taux de diplomation des étudiants
non-traditionnels pour la cohorte de 1993 passe de 34,8 % avec un critère, à
47,3% avec deux critères, à 72,9% avec trois critères et enfin à 82,4% avec
quatre critères. Pour la cohorte de 1996 on observe les proportions suivantes,
soit respectivement 22,2%, 38,2%, 66,6% et 78,3%.
À l’inverse, les abandons diminuent au fur et à mesure qu’on s’approche du
profil de l’étudiant traditionnel. Chez les étudiants traditionnels, il y a 40 %
de moins d’abandons que chez les non-traditionnels avec un seul critère. Des
analyses ont aussi été faites au niveau du certificat et des programmes de
premier cycle dans leur ensemble et les écarts observés sont tout aussi
importants.
STRATÉGIE FAVORISANT LA POURSUITE DES ÉTUDES
Pour ce qui est des stratégies favorisant la poursuite des études mises en place
à l’UQ, les grands constats tirés des enquêtes ICOPE, notamment ceux de
l’enquête de Pageau et de Bujold (2000), et ceux issus d’autres recherches (Petroff-Bertholdi,
Atzamba, 2001; Noel-Levitz, 2000; Tinto, 1993) ont mené à la création d’un
projet intitulé ICOPE V2. Il s’agit d’un système diagnostique des conditions de
réussite des études, dont les objectifs généraux sont, d’une part, d’établir le
profil de réussite des étudiants dès leur entrée à l’université et, d’autre
part, de contribuer à une utilisation plus efficace et plus fonctionnelle des
ressources et expertises en place dans les établissements de l’UQ.
Le système en cours de développement à l’UQTR et à l’UQAC s’adresse aux nouveaux
étudiants inscrits dans un programme de baccalauréat. Le questionnaire est basé
sur les principaux indicateurs de réussite d’ICOPE et également de certains
issus des autres études citées précédemment. L’analyse du questionnaire conduit
à l’élaboration d’un rapport confidentiel remis à l’étudiant, lui indiquant ses
forces et ses faiblesses, lui présentant les services de son établissement et
l’invitant à se procurer de l’information ou de l’aide, au besoin, auprès des
services concernés. Un rapport sommaire de la classe, dénominalisé, est
également remis aux responsables du programme pour faciliter l’encadrement des
étudiants.
CONCLUSION
En
conclusion, les principales caractéristiques de l’étudiant type non-traditionnel,
à l’UQTR sont:
-
âgé
de plus de 25 ans,
-
inscrit dans un programme de certificat à temps partiel,
-
de
première génération universitaire dans une proportion de 75 %,
-
a
fait une pose d’études de plus de 6 mois (et de 3 ans et plus dans 30% des cas),
-
travaille plus de 15 heures par semaine, et travaille même à temps plein dans
40% des cas,
-
a
l’intention d’obtenir un diplôme, mais pas nécessairement en étudiant en
continu.
Les
non-traditionnels à temps complet sont aux études pour accéder à une nouvelle
profession ou à une nouvelle carrière, alors que les non-traditionnels à temps
partiel désirent plutôt améliorer leurs conditions de travail ou se
perfectionner.
Les principales conditions de réussite (ou d’accès au diplôme) des étudiants
non-traditionnels identifiées par les modèles de régression logistique sont les
suivantes : vouloir le diplôme du programme, réussir tous ses cours au premier
trimestre, vouloir cheminer sans interruption et entreprendre ses études à temps
complet. Pour les non-traditionnels inscrits dans un programme de baccalauréat,
un critère s’ajoute, soit, avoir étudié au cours des deux dernières années. Pour
les étudiants au certificat, il s’agit d’avoir déjà fréquenté une université
auparavant. Quant aux taux de diplomation, ils sont de l’ordre de 80 % pour les
étudiants traditionnels, de 60 % pour les non-traditionnels au baccalauréat et
entre 40 % et 50 % pour les non-traditionnels dans les programmes de certificat.
En somme, la réussite de l’étudiant non-traditonnel, dépend du cumul de
plusieurs caractéristiques de l’étudiant traditionnel. En terminant, on pourrait
se demander si le fait que les caractéristiques traditionnelles ressortent aussi
significativement ne reflète pas simplement le fait que l’enseignement
universitaire serait mieux adapté à l’étudiant traditionnel...
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