2014-02-27 | INRS

L'algue didymo dans les rivières serait due aux changements climatiques

Une nouvelle étude découlant d'une collaboration entre des chercheurs de l'Institut national de la recherche scientifique (INRS), de l'Université Queen's et de l'Université Brock démontre que la diatomée Didymosphenia geminata (une algue communément appelée « didymo ») ne peut pas être qualifiée d'espèce envahissante, du moins dans l'est du Canada, et suggère plutôt que ses éclosions seraient liées aux effets considérables que les changements climatiques planétaires ont sur les écosystèmes aquatiques.

Cette étude, publiée dans la revue Canadian Journal of Fisheries and Aquatic Sciences, réfute donc l'hypothèse de l'introduction par les humains pour expliquer ces éclosions récentes de didymo, une idée reçue souvent véhiculée par les gestionnaires et les autorités responsables des écosystèmes fluviaux d'Amérique du Nord.

Cette espèce nuisible a été officiellement rapportée pour la première fois en Gaspésie à l'été 2006. Lorsque le fond rocheux de la rivière Matapédia a été recouvert d'un épais tapis d'algues, plusieurs gestionnaires responsables ont cru qu'une introduction par des utilisateurs récréatifs était l'explication la plus plausible de la présence de didymo dans la rivière. Cette algue a depuis proliféré dans toute la Gaspésie avec des éclosions observées dans plus de 25 rivières. Ces éclosions sont devenues source d'inquiétude en raison de la perturbation de l'habitat des saumons atlantique juvéniles et des conséquences négatives potentielles sur les populations vulnérables de salmonidés en général.

Or, une étude de sédiments lacustres datés et de leurs assemblages d'algues fossiles, ainsi que des comptes rendus historiques, ont permis d'apprendre que l'algue didymo était présente dans ces écosystèmes fluviaux depuis bien avant 2006. En effet, des frustules de didymo (capsules de verre pouvant être conservés dans les sédiments lacustres) ont été retrouvés dans une carotte de sédiment du Lac-au-Saumon et datés des années 1970, ce qui démontre que l'algue a été présente au moins depuis ces années dans le bassin versant de la rivière Matapédia.

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Source :
Service des communications, INRS