2005-12-06 | UQAC

UQAC: le CONSOREM - Un partenariat fructueux dans le domaine minier

La naissance du consortium de recherche sur l'exploitation minière (CONSOREM) a permis au plus ancien créneau d'expertise de l'institution de devenir un centre de transfert technologique dans le domaine minier unique au Canada.

Inspirée par les succès obtenus par son Consortium de recherche sur la forêt boréale, l'UQAC a décidé, il y a cinq ans, de renouveler l'expérience d'établir des partenariats entre les chercheurs, les gouvernements et surtout avec les entreprises privées.

«Il y a cinq ans, l'industrie minière connaissait un des creux les plus importants de son histoire. Cette industrie n'avait plus les moyens de faire de la recherche. De plus, elle a toujours eu du retard au niveau de la recherche située en amont de l'exploitation pure et simple de la ressource et sur les procédés d'extraction eux-mêmes», explique Réal Daigneault, directeur du CONSOREM et du Centre d'études sur les ressources minérales (CERM) de l'UQAC.

C'est donc dans cette optique que les chercheurs, les professeurs et les étudiants du consortium ont choisi d'orienter leurs travaux. Le CONSOREM s'est fixé des buts et une mission bien claire: trouver des façons et des outils afin de localiser plus facilement des gisements de métaux et de minéraux.

«Cela vise à rendre l'industrie minière plus performante parce que les coûts pour dénicher des gisements sont énormes. Nous travaillons à comprendre leurs processus de création, ainsi qu'à développer des outils pratiques», souligne Monsieur Daigneault.

C'est d'ailleurs dans ce but que s'inscrivent les travaux des professeurs Cox et Gaboury, ou encore tous ceux réalisés par la chaire de métallogénie de la professeure Sarah-Jane Barnes. «Nous avons une mission de transfert technologique», ajoute le directeur du CONSOREM.

Au fil de ses recherches, ce regroupement a mis au point divers outils, dont des logiciels permettant de traiter et de filtrer des informations parasites qui s'infiltrent à travers les données recueillies par les compagnies minières et nuisent à la localisation des gisements.

En échange de ces avancées scientifiques, les entreprises fournissent des fonds importants pour la suite des travaux, mais elles fournissent surtout des masses de relevés et d'informations puisées sur le terrain, alimentant du même coup les connaissances et les banques de données de l'UQAC. L'Université régionale peut ainsi mettre à la disposition de ses étudiants des éléments et des banques de données uniques.

Dans le contexte actuel de pénurie de main-d'œuvre qualifiée en géologie et où l'on prévoit des décennies de croissance de la demande dans ce secteur en raison de l'émergence de nouveaux géants économiques comme la Chine où l'Inde, Réal Daigneault estime que l'UQAC dispose ainsi d'une longueur d'avance fort appréciable.

«Nous faisons les liens entre les intérêts des entreprises minières, ceux des gouvernements et nos besoins de formation et de recherche. Le CONSOREM répond aux besoins des trois partenaires. Il y avait une grande place pour une structure du genre ici», indique Monsieur Daigneault.

Les minerais industriels: créneau prometteur pour la région

«On considère que le potentiel de la région dans le domaine des minerais industriels est énorme. C'est reconnu à travers le Québec. Cependant, nous devons structurer et mieux intégrer la recherche et l'exploitation de ces ressources».

Après le titre de Vallée de l'aluminium, après avoir été reconnue comme première région forestière du Québec, le Saguenay-Lac-Saint-Jean pourrait-il devenir un des grands pôles miniers du Québec? Selon Réal Daigneault, directeur du CERM et du CONSOREM, ce pourrait bien finir par être le cas.

«Nous avons déjà des entreprises et des PME qui exploitent une partie de ces ressources, comme la mine Niobec de Saint-Honoré, ou des carrières de granit. Mais nous avons un potentiel énorme dans plusieurs autres types de minerais, comme la calcite, la wollastonite. Nous devons exploiter ces richesses, être imaginatifs alors que certains autres domaines économiques vont moins bien», affirme-t-il.

Selon Monsieur Daigneault, le déclic en ce sens commence lentement à se faire auprès de divers intervenants régionaux. «Afin d'exploiter efficacement ces ressources, il faut cependant viser immédiatement la deuxième et la troisième transformation. Il faut développer une vision globale et non pas seulement viser l'exportation parce que seule, l'exportation n'engendre pas beaucoup de retombées économiques», précise ce dernier.

D'ailleurs, le CERM et le CONSOREM évoluent lentement dans cette direction, soit vers la valorisation de la ressource minière régionale et sa mise en valeur.

«Cela aussi fait partie de la mission de l'Université et des ses chercheurs», termine Réal Daigneault.

Sur la photo: Réal Daigneault est directeur du Centre d'études sur les ressources minérales (CERM) et du Consortium de recherche sur l'exploitation minière (CONSOREM), deux organismes de recherche en géologie de l'UQAC, Hassan Nabil, Vital Pearson, tous les deux chercheurs et Marie-Line Tremblay, assistante de recherche, travaillent au sein du consortium afin, notamment, de développer des outils permettant de localiser des gisements de minéraux et de métaux. Photo: Jeannot Lévesque.

2005-12-06

Source: UQAC.