2011-12-16 | UQAM

Être cultivé, à quoi ça sert?

Alors que romans, livres d'art, quiz et autres jeux de culture générale seront, cette année encore, au pied du sapin, on n'a jamais tant craint pour nos chères "humanités". A l'heure où certains jugent cette passion française en péril, la question de son utilité est plus pertinente que jamais.

Sur Amazon.fr, l'entrée "culture générale" recense... 1942 ouvrages en français. Est-ce plus qu'ailleurs dans le monde? Sans doute, mais la question ne se pose guère si l'on en juge par le peu de sens qu'a l'expression general culture en anglais. Le débat est donc surtout français. Car, "longtemps, les Français se sont rêvés cultivés. Ils lisaient L'Iliade et L'Odyssée au collège", rappelle Normand Baillargeon, professeur de philosophie de l'éducation à l'Université du Québec, à Montréal, auteur du passionnant Liliane est au lycée. Est-il indispensable d'être cultivé? (Flammarion, coll. Antidote). Il nous éclaire sur la pertinence de poser cette question à une époque où la culture est dévaluée et, parfois même, suspecte.

Les humanités en péril

La question "Ça sert à quoi ?" en appelle immédiatement une autre: "Pourquoi faudrait-il que cela serve à quelque chose?" Question bateau d'épreuve philo du bac, peut-être, mais, l'époque étant ce qu'elle est, où individualisme et rentabilité sont les deux principaux moteurs d'un monde qui ne prend plus guère le temps d'apprendre ni de réfléchir, il n'est pas absurde de se la poser.

Lire l'article complet

Source :
Elvira Masson
L'Express, 14 décembre 2011