2011-12-21 | INRS

L'embourgeoisement des quartiers pauvres est-il une fatalité?

Photo © Christian Fleury

Le scénario est maintenant bien connu. De la Petite Patrie à HoMa, à Montréal, tout comme dans le quartier Saint-Roch, à Québec, des citoyens de la classe moyenne redécouvrent des secteurs traditionnellement défavorisés et choisissent de s'y installer. Si ces nouveaux arrivants entraînent souvent avec eux une appréciable revitalisation des quartiers, est-il pour autant inévitable que cette transformation se traduise par un exode des pauvres?

Pour Damaris Rose, professeure au Centre Urbanisation Culture Société de l’INRS, il est clair que l’embourgeoisement d’un quartier populaire, aussi appelé gentrification, n’est pas une fatalité. Au contraire, les municipalités ont la possibilité de développer des politiques favorisant la mixité sociale afin d’encourager la cohabitation entre les pauvres et les riches dans les quartiers nouvellement revitalisés.

Damaris Rose cite en exemple l’actuelle transformation du quartier Downtown Eastside à Vancouver, le plus pauvre du Canada. Encourager la mixité sociale permet ultimement de former un quartier hétérogène habité par des personnes distinctes par leurs revenus et leurs origines. Du coup, on élimine les concentrations extrêmes de populations marginalisées tout en conservant ses habitants moins fortunés par le truchement de nouveaux logements sociaux. Certes louable, ce projet est-il pour autant réaliste? Les résidents mieux nantis qui s’installeront dans ce quartier seront-ils prêts à tolérer la présence de voisins particulièrement démunis et d’un organisme communautaire comme le site d’injection supervisé InSite, justement situé dans ce quartier chaud? Rien n’est moins sûr, et c’est pourquoi nombre d’observateurs suivent avec intérêt l’évolution sociale de ce secteur.

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Source :
Marianne Boire
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