2012-01-20 | INRS

Le mythe du mariage automatique

Photo © Christian Fleury

Au Québec, 1,2 million de personnes vivent en union libre. Perçus comme mariés aux yeux du fisc, un nombre considérable de ces couples ignorent pourtant que leurs droits, en cas de séparation,  ne sont pas les mêmes que les tourtereaux qui se sont voués l'amour éternel devant l'autel.

Pour Hélène Belleau, sociologue et professeure au Centre Urbanisation Culture Société de l'INRS, cette méconnaissance du statut légal des gens faisant vie commune hors des liens du mariage est révélatrice d'un malaise profond chez les Québécois. Un problème qu'elle a baptisé le «mythe du mariage automatique».

Trouvez l'erreur : plus du tiers des couples québécois vivent en union libre, ce qui fait du Québec le lieu où cette pratique est la plus répandue au monde, et pourtant, elle est la seule province canadienne qui n'offre pas d'encadrement légal clair à ce type d'union. Cette absence de législation crée une véritable confusion dans l'esprit des citoyens québécois, avec pour résultat que la majorité des couples croient dur comme fer que l'État les considère comme mariés après trois ans de vie commune -- alors que ce n'est pas du tout le cas! Pire encore, à peine 23 % des couples savent que le conjoint le plus pauvre n'aura pas droit à une pension alimentaire lors d'une éventuelle séparation. Comment expliquer un tel imbroglio?

«Depuis plus de quarante ans, l'État québécois envoie des messages contradictoires à la population, explique Hélène Belleau. Le Code civil du Québec régit les rapports entre les conjoints mariés, mais il ne dit rien, ou presque, au sujet des couples en union libre, qui sont pratiquement absents de notre code civil. Même après plusieurs années de vie commune, les conjoints en union libre n'ont aucune responsabilité légale l'un envers l'autre.»

Sur la photo : Hélène Belleau, sociologue et professeure au Centre Urbanisation Culture Société de l'INRS.

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Source :
Marianne Boire
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