2012-04-30 | UQ

L'essence de la forêt

Un peu partout, dans l'arrière-pays, des compagnies forestières coupent des arbres pour en faire du papier. Les ébrancheuses travaillent vite. Chaque année, seulement en Mauricie, 650 000 tonnes de matière organique -- branches, rameaux et feuillages -- sont laissées sur le sol. Du gaspillage aux yeux de Patrice Mangin. «Les résidus de bois peuvent être transformés en combustible », avance le professeur et chercheur au Centre de recherche sur les matériaux lignocellulosiques de l'UQTR.

Il ne s'agit pas de brûler le bois pour chauffer des bâtiments. Ici, on élabore des procédés pour concentrer l'énergie du bois dans un plus petit volume en extrayant ses huiles combustibles.

En d'autres termes, on fabrique du biodiesel à partir du bois. Pour y arriver, on effectue d'abord une réaction par pyrolyse qui favorise une décomposition rapide des résidus par la chaleur, dans des conditions très pauvres en oxygène. Même si elle se déroule dans ce qui ressemble à de grands fours, la pyrolyse rapide se différencie de la combustion. Elle produit des composés solides qui ressemblent à du charbon, ainsi que des huiles. «Ces huiles, c'est de l'énergie concentrée, explique Patrice Mangin. Quelques transformations chimiques dites de gazéification et de recombinaison permettent d'en faire du diesel.»

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Source :
Joël Leblanc, « Changement de cap »
La recherche dans le réseau de l'Université du Québec, vol 2, no 1, 2012, p. XII.