2012-05-23 | UQAM

Cultiver la ville

Avec une centaine de jardins communautaires et de toits verts, plus d'une cinquantaine de jardins collectifs, une dizaine de jardins institutionnels, des ruches et des ruelles vertes, Montréal fait belle figure en matière d'agriculture urbaine. Trente pour cent des résidants de la communauté métropolitaine de Montréal disent la pratiquer.

«L'agriculture urbaine, c'est la production alimentaire en ville. Elle peut prendre différentes formes : dans des bacs, des jardins, sur les rampes extérieures, les balustrades, les balcons, dans les espaces vacants, entre les bâtiments. L'agriculture urbaine est aujourd'hui en plein essor à Montréal, ainsi que dans plusieurs villes des États-Unis et d'Europe», dit Éric Duchemin (B.Sc. géologie, 93; M.Sc. sciences de la Terre, 96; Ph.D. sciences de l'environnement, 00), professeur associé à l'Institut des sciences de l'environnement et membre du Collectif de recherche sur l'aménagement paysager et l'agriculture urbaine durable de l'UQAM, le CRAPAUD, qui exploite un jardin au Complexe des sciences et un autre sur le toit du Pavillon de Design.

Le programme de jardins communautaires de Montréal, implanté dans les années 1970 à la suite d'un incendie majeur dans le quartier Centre-Sud, est l'un des plus importants des villes industrialisées. «Le programme était aussi une solution à la hausse des prix des aliments provoquée par la crise du pétrole», explique Éric Duchemin. Il existe aujourd'hui des jardins communautaires dans la plupart des arrondissements de la ville. Chez nos voisins du Sud, crise économique oblige, le phénomène prend de l'ampleur. Seattle a modifié son schéma d'aménagement pour intégrer l'agriculture urbaine. La Ville possède des ruches, et permet aux citadins d'avoir des lapins, des poules et... des chèvres! Décimée par le chômage, la ville de Détroit, dont la population est passée de plus de deux millions à quelque 700 000 âmes, a vu plusieurs de ses terrains vacants transformés en champs de légumes. Même la Maison blanche a son jardin!

En Europe, des villes comme Londres, Paris, Lyon et Berlin suivent le mouvement. Le programme Vacant Lot prend d'assaut les terrains vagues et autres espaces négligés de la ville de Londres pour les transformer en espaces de verdure, améliorer le tissu urbain et briser l'isolement des communautés. La culture se fait dans des sacs, ce qui permet de transporter le jardin si le propriétaire du terrain souhaite le reprendre. De même, Berlin est reconnu pour son Prinzessinnengarten, où les plantes et fleurs comestibles, ainsi que les légumes biologiques sont cultivés dans des sacs, bacs, caisses à pain ou bouteilles en plastique facilement transportables.

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Source :
Par Valérie Martin
Magazine Inter (UQAM) - Printemps 2012 - Volume 10 - Numéro 01