2012-11-22 | UQAM

Séisme dans la communauté scientifique

Photo : Nathalie St-Pierre

Le 22 octobre dernier, la justice italienne a condamné à six ans de prison sept scientifiques italiens pour «homicide par imprudence», parce qu'ils n'avaient pas prévu l'ampleur du séisme qui a ravagé en 2009 la ville de L'Aquila, dans la région des Abruzzes, causant la mort de plus de 300 personnes. Ces savants, membres de la Commission italienne Grands risques, sont aussi obligés de verser 9,1 millions d'euros en dommages et intérêts aux parties civiles plaignantes.

Les membres de la Commission s'étaient réunis à L'Aquila six jours avant le tremblement de terre, à la suite d'une série de secousses sismiques qui avaient frappé le secteur pendant les mois précédents. Selon eux, il n'était pas possible de prédire un séisme plus puissant.

La communauté scientifique internationale, estimant qu'il est impossible, même pour les experts les plus aguerris, de prévoir les tremblements de terre, a dénoncé de façon unanime la décision du tribunal. «Ce verdict absurde constitue un dangereux précédent. Il s'inscrit dans le courant de la judiciarisation des enjeux sociaux, lequel permet de poursuivre des gens en justice pour à peu près n'importe quelle raison. Même la science n'y échappe pas», souligne Yves Gingras, professeur au Département d'histoire et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en histoire et sociologie des sciences.

Sur la photo : Yves Gingras.

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Source :
Claude Gauvreau
Journal L'UQAM
Vol. XXXIX, no 6 (12 novembre 2012)