2013-07-03 | INRS

Tout près du soleil et de l'énergie du futur

Photo © Christian Fleury

De toutes les sources d'énergie auxquelles on peut penser, celle qui évoque la puissance ultime est le Soleil. Serait-il insensé de tenter de le recréer à petite échelle? En son coeur, les conditions extrêmes amènent les noyaux des atomes en fusion, libérant une immense quantité d'énergie : c'est la fusion thermonucléaire. Patrizio Antici, professeur au Centre Énergie Matériaux Télécommunications de l'INRS, explique que les physiciens font un grand effort pour reproduire ce phénomène grâce à des lasers d'intensité ultraélevée. Le professeur Antici, qui scrute les interactions entre les lasers et la matière et s'intéresse plus particulièrement aux faisceaux de particules générés par laser, contribue à la quête de l'énergie du futur.

Occupant les cerveaux des scientifiques depuis les années 1950, la fusion thermonucléaire permettrait de produire une énergie propre, utilisant une très petite quantité de matière première, produisant peu de déchets et aucun gaz à effet de serre. Grâce à elle, un litre d'eau de mer donnerait l'énergie de 300 litres d'essence, et le paysage énergétique mondial pourrait changer.

Lasers sans frontières

À travers ses lunettes protectrices bleutées, on lit  l'enthousiasme du professeur Antici. Le Laboratoire de sources femtosecondes (Advanced Laser Light Source, ou ALLS) grouille de collaborateurs qui, dans la pénombre intentionnelle, s'affairent à assembler toute une quincaillerie de miroirs, de lentilles, de capteurs et d'instruments de diagnostic : le professeur Jean-Claude Kieffer de l'INRS, qui dirige le grand projet de développement d'un laser à électron libre femtoseconde, mais aussi Julien Fuchs du LULI à Palaiseau, Emil Hallin, du Centre canadien de rayonnement synchrotron à Saskatoon, l'astronaute Steven MacLean, professeur invité à l'INRS, et nombre d'autres.  Leur jeu de Meccano® pour scientifiques est en constant changement dans le but de demeurer à la fine pointe de la recherche. « Pour développer des applications, il faudrait s'arrêter à un stade de la recherche et se concentrer sur un but, raconte Patrizio Antici. Mais ici, à l'INRS, avec notre approche tellement diversifiée, on est dans la bulle des idées multidisciplinaires. Nous sommes bien en avance sur plusieurs projets en développement actuellement dans le monde. En plus des possibilités énergétiques, les recherches de cet expert des protons contribuent à la conception de systèmes de radiographie de la matière dense et éventuellement d'imagerie médicale.

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Source :
Stéphanie Thibault
PLANÈTEINRS.ca, juin 2013