2013-07-04 | UQAM

L'imaginaire posthumain

Jean-François Chassay
Photo : Émilie Tournevache

Peut-on imaginer un monde où les êtres humains seraient non seulement plus forts et plus intelligents, mais où ils auraient une espérance de vie infinie? À quoi ressemblerait un tel monde? Ces questions, et bien d'autres, étaient au centre des discussions lors d'un colloque international tenu récemment à l'UQAM. Intitulé Les frontières de l'humain et le posthumain, ce colloque était organisé par Figura, le Centre de recherche sur le texte et l'imaginaire, en collaboration avec le Centre d'études interdisciplinaires du monde anglophone de l'Université de Bretagne occidentale.

Depuis quelques années, le concept de posthumain suscite la réflexion dans les milieux scientifique, philosophique et culturel. Son apparition est étroitement liée aux avancées scientifiques et technologiques - robotique, génomique, bio-informatique, neurosciences, nanotechnologies - qui nourrissent l'ambition de rendre l'être humain plus performant et de prolonger sa vie. Le clonage de la brebis Dolly à partir d'une cellule adulte, à la fin des années 90, puis le premier séquençage de l'ADN humain, en 2003, ont notamment généré l'espoir de guérir des maladies complexes, mais aussi de produire une personne humaine améliorée.

Guérir ou améliorer?

Selon le professeur Jean-François Chassay, du Département d'études littéraires, membre du centre Figura et l'un des organisateurs du colloque, le spectre des réactions au phénomène du posthumain est très large. «Nombreux sont ceux qui croient en l'avènement d'un monde posthumain, estimant qu'il faut tout faire pour améliorer les conditions biologiques de l'être humain», dit-il. Certains se demandent même si l'on doit nécessairement mourir, si l'on ne pourrait pas guérir de la mort. «D'autres, comme le biologiste français Jacques Testart, le père scientifique du premier bébé éprouvette, s'inquiètent des dérives que certains développements biotechnologiques pourraient entraîner, poursuit Jean-François Chassay. Ainsi, grâce aux manipulations génétiques, des gens voudraient pouvoir choisir le sexe de leurs rejetons ou déterminer leur profil physique ou intellectuel.»

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Source :
Claude Gauvreau
Service des communications, UQAM , 4 juin 2013