2013-07-23 | INRS

Vol au-dessus d'un nid d'algues bleues

Photos © Marc Robitaille

Si vous croisez Karem Chokmani près d'un lac à l'été 2014, l'oeil fixé sur un hélicoptère téléguidé, n'allez pas en conclure qu'il s'amuse pendant ses heures de travail. Ce professeur en télédétection et en hydrologie au Centre Eau Terre Environnement de l'INRS vient plutôt de mettre sur pied un système de télédétection de pointe, unique au Canada. Son drone recueillera des données utiles en matière de contrôle de la qualité de l'eau des lacs et des rivières et d'aménagement des zones côtières. Ces données rendront également l'agriculture plus écologique et efficace, en plus de permettre une lecture très fine des couverts neigeux et de glace. Sans compter que les expériences menées avec cet engin volant téléguidé devraient contribuer à mieux se préparer à la nouvelle génération de satellites hyperspectraux lancés d'ici trois ans par les agences spatiales allemande, nippone et américaine.

L'équipe du professeur Chokmani vient de se doter d'une infrastructure de recherche de pointe consistant en un système aéroporté léger de télédétection (SALTH). Financé par la Fondation canadienne pour l'innovation (FCI) et le ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie du Québec (MESRST), le SALTH représente un banc d'essai pour améliorer les caractéristiques techniques des capteurs de type hyperspectral installés à bord des satellites qui seront déployés dans l'espace. Il se compose d'un hélicoptère téléguidé dont le diamètre des pales est de 3 mètres, capable de transporter à son bord deux caméras hyperspectrales et les systèmes d'acquisition, de positionnement et d'enregistrement des données, totalisant environ 11 kilos. Ce type d'imagerie mesure simultanément le rayonnement dans plus de 200 bandes très étroites (moins de 10 nanomètres). Contrairement aux images fournies par les satellites multispectraux actuellement en service (moins de 10 bandes), les données hyperspectrales, qui couvrent la gamme spectrale 400 nm à 2 500 nm, sont en continu. Autrement dit, on pourrait les comparer à une large baie vitrée, contrairement à un mur ponctué de quelques fentes verticales dans le cas des images satellitaires classiques. Cette technologie confère un avantage indéniable pour observer de façon très précise certains phénomènes environnementaux.

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Source :
Pascale Guéricolas
PLANÈTEINRS.ca
Juin 2013