2013-07-24 | UQTR

Évaluer l'état de santé des populations grâce à la géographie

L'utilisation de la géographie en santé publique permet l'évaluation de l'état sanitaire d'une population sur un territoire donné. Afin d'évaluer les disparités entre les niveaux de santé des populations, le géographe de la santé s'appuie sur l'étude de l'organisation de l'espace géographique ainsi que sur des facteurs de risque, notamment sur les plans physique, biologique, social, économique et démographique; il observe également l'évolution de ces facteurs dans l'espace et dans le temps. Ainsi, l'endroit où l'on vit, ce que l'on mange, l'air que l'on respire, le mode de vie que l'on adopte et les services de santé auxquels on a accès ont tous des répercussions sur notre santé.

Cela étonne parfois les gens de savoir que la géographie de la santé n'est pas vraiment une nouvelle discipline, commente Denis Leroux, professeur au Département des sciences de l'environnement de l'UQTR. En fait, il y a déjà 2 500 ans, Hippocrate établissait un lien entre la localisation géographique des populations, l'environnement et l'apparition des maladies. Beaucoup plus tard, c'est grâce au médecin et cartographe John Snow que la cause de l'épidémie de choléra dans un quartier de Londres en 1854 est identifiée; en cartographiant les cas recensés, le Dr Snow avait compris que c'était la source d'eau où s'alimentaient les gens du quartier qui était à la base du problème. Sa fermeture stoppa l'épidémie... »

Des applications diversifiées

Les mandats de recherche du professeur Leroux peuvent être de nature très différente. Par exemple, il offre en 2010 son expertise dans le cadre d'une recherche portant sur le dépistage du cancer du col utérin en Mauricie. La région affichant un taux de dépistage inférieur à la moyenne provinciale, l'Agence de santé mandate le chercheur et sa collègue Lyne Cloutier, chercheuse principale pour ce projet et professeure au Département des sciences infirmières de l'UQTR, afin de faire la lumière sur ce problème. Grâce à un système d'information géographique, les chercheurs intègrent et croisent des bases de données de différentes sources (Statistique Canada, système hospitalier, etc.), ce qui permet l'analyse sur une base commune : la localisation dans l'espace.

Sur la photo : Denis Leroux, professeur à l'UQTR depuis 1995. Sa thèse de doctorat ainsi que ses travaux subséquents ont porté sur le transport des matières dangereuses. Depuis quelques années, ce géographe utilise ses connaissances géographiques au profit de la recherche en santé.

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Source :
Ariane Normand, «Évaluer l'état de santé des populations grâce à la géographie», Connexion UQTR, volume 5, numéro 3 printemps/été 2013, p.18-19.