2013-10-11 | ENAP

Enjeux éthiques et pratiques déontologiques du 4e pouvoir

En choisissant de consacrer ce numéro aux enjeux éthiques et prati­ques déontologiques du 4e pouvoir, la revue Éthique publique poursuit l'am­bition d'offrir un état des lieux quant aux dilemmes contemporains rencontrés par les acteurs d'un territoire somme toute mal connu. Soit celui où se détermine l'essentiel du premier service public qui doit être assuré en démocratie : l'information en tant que bien public.

Il convient de préciser d'entrée de jeu que dans la plupart des sociétés organisées selon les valeurs prônées par la doctrine du libéralisme politique, dans le sillage de laquelle est apparu le néologisme IVe pouvoir, les acteurs du monde médiatique chargés d'assurer la disponibilité et l'accessibilité à ce bien se réclament généralement des attributs d'une sorte de no man's land professionnel, le travail de ses agents individuels ou corporatifs devant demeurer à l'abri d'interventions ou de contrôles externes, toujours suspectés d'être indus ou abusifs, surtout lorsqu'ils sortent du giron des institutions publiques.

Dans un champ d'activité où les artisans doivent constamment s'ap­pliquer à rapporter de façon exhaustive faits et événements qui marquent l'actualité ? notamment les rapports de force qui s'exercent au sein de la société -, s'astreindre à comprendre, décrire et concilier valeurs sociétales communes et leurs implications ou effets tangibles sur les affaires publiques et leur conduite, distinguer intérêt général et intérêts particuliers dans les informations et commentaires diffusés, respecter et expliquer, sans nécessairement les soutenir, les rétentions légitimes de renseignements détenus, dénoncer par contre les protections abusives... n'est-il pas justifié que des conditions exorbitantes du droit qui régit les autres professions distinguent les professionnels chargés de l'information publique? La mis­sion inaliénable de défense et de promotion du droit fondamental à l'information que détient le «peuple souverain» ne s'accommode-t-elle pas de cette singularité réservée aux agents professionnels du 4e pouvoir?

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Source :
Pierre Bernier, «Présentation», Étique publique, vol. 15, no 1, 2013.