2013-10-28 | UQ

Génération numérique

COLIN HAWKINS/CULTURA/SPL

Les enfants ont changé plus vite que l'école. Le monde de Facebook et de Twitter, des tablettes et des téléphones intelligents ébranle sérieusement les pratiques scolaires. «La tension est évidente dans le monde scolaire, dit Jonathan Roberge, professeur-chercheur en culture numérique au Centre Urbanisation Culture Société de l'INRS. En fait, nos institutions sont encore en mode réactif face au numérique, alors que nous aurions besoin d'une réflexion de fond pour bien définir le rôle de ces technologies en éducation.»

Pourtant, en 1995, le gouvernement du Québec se montrait déjà préoccupé par la question et avait poussé les écoles à entreprendre un virage pour faire une bonne place au numérique. Mais on est toujours dans le virage. De nouveaux outils technologiques ne cessent, encore et encore, d'être proposés. «Après les ordinateurs, ça a été les tableaux blancs interactifs dont on n'a même pas terminé l'installation. Maintenant, ce sont les tablettes, dit Sonia Lefebvre, professeure en technologie numérique à l'Université du Québec à Trois-Rivières. À ce rythme, comment pouvons-nous arriver à adapter notre enseignement? C'est déstabilisant. Il nous faut constamment renouveler notre pratique. De quoi mettre à rude épreuve notre capacité d'adaptation. Mais c'est ça, l'enseignement! On n'a pas le temps d'être blasé.»

On mène actuellement toute une panoplie d'expériences dans diverses écoles du Québec afin d'aider les élèves - et les enseignants - à travailler avec ces nouvelles technologies de l'information joliment appelées TIC. «De nombreuses écoles essaient en effet d'apprivoiser le nouvel environnement technologique. Mais il n'y a pas de mise en commun de ces multiples expériences. C'est bien malheureu », souligne Jonathan Roberge qui est aussi titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les nouveaux environnements numériques et l'intermédiation culturelle.

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Source :
Raymond Lemieux, «Génération numérique»,
La recherche dans le réseau de l'Université du Québec,
vol 3, no 2, 2013, pp. VIII-IX.