2013-10-31 | INRS

Un cerveau sain dans un corps sain

Photo © Christian Fleury

Les neurones de Pierre, 45 ans, ont entrepris un lent déclin. Si lent, en fait, qu'on ne peut le déceler. Toujours aussi alerte et vif, il poursuit une vie active et une carrière, loin de se soucier des cellules de son cerveau qui meurent en silence. Pour sa part, dans un laboratoire du Centre INRS-Institut Armand-Frappier, le professeur Charles Ramassamy s'inquiète de la santé de Pierre. Il a décelé dans son sang des biomarqueurs qui trahissent un stade très précoce de la maladie d'Alzheimer (MA). Si rien n'est fait, à long terme, Pierre perdra ses capacités cognitives, puis d'autres facultés, et enfin son autonomie. Peut-on y changer quelque chose?

Pierre est un patient fictif et, pour le moment, la détection précoce de biomarqueurs pour le diagnostic de la MA n'est pas possible. Il s'agit cependant d'un des objectifs poursuivis par Charles Ramassamy, titulaire de la nouvelle Chaire de recherche Louise et André Charron sur la maladie d'Alzheimer, et ses partenaires, l'Institut universitaire en santé mentale Douglas de l'Université McGill et le Centre de recherche sur le vieillissement de l'Institut universitaire de gériatrie de Sherbrooke. «Ensemble, nous suivons des patients qui sont atteints de la maladie d'Alzheimer ou qui ont un grand risque d'en souffrir dans le futur, rapporte le professeur. Les échantillons de sang des malades recèlent bien des secrets. L'un d'eux est la signature moléculaire de la progression de la MA : des molécules qu'on peut suivre et qui nous indiquent qu'un processus dégénératif est amorcé dans le cerveau.» En quelque sorte, ce neuropharmacologiste entreprend de décrypter la clé qui permettrait de savoir si une personne est en voie de développer la pathologie bien avant que les dommages cérébraux importants ne surviennent.

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Veut-on réellement savoir que, dans un avenir plus ou moins rapproché, la maladie nous frappera? Même si cette perspective est terrifiante, il est avantageux d'en être informé rapidement afin d'entreprendre les traitements appropriés. Plus tôt la maladie est décelée, mieux on peut agir. Mais le chercheur de l'INRS admet qu'à l'heure actuelle, les traitements ne sont pas encore très efficaces pour ralentir la progression de la maladie, faute de comprendre pourquoi les cellules du cerveau se mettent à mourir en grand nombre.

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Source :
Stéphanie Thibault
PLANÈTEINRS.ca
18 octobre 2013