2013-11-15 | UQ

Étudiants + gens d'affaires = innovation!

Les participants du Savoir Affaires Centre-du-Québec.

L'Université du Québec participe depuis près de 45 ans au développement économique et scientifique des régions du Québec. Or, en cette période où le savoir est synonyme de richesse collective, par quel moyen accroître cette contribution? La solution innovante mise de l'avant, et qui n'a pas d'équivalent ailleurs au Canada : les Savoir Affaires. Retour sur des initiatives destinées à préparer l'avenir, et dont la prochaine édition, Savoir Affaires Lanaudière-Laurentides, se tiendra du 8 au 14 février 2014.

L'originalité du modèle Savoir Affaires

Les Savoir Affaires sont nés en 2006 d'une réflexion entreprise par l'Université du Québec et Frappier Tandem+ sur la façon d'adapter le concept des Doctoriales françaises à la réalité québécoise. L'approche retenue, inspirée du modèle classique de l'économie du savoir, consiste à tisser des liens entre les individus, les lieux de savoir, les entreprises et le gouvernement afin de mettre en place un réservoir à idées permettant de stimuler la recherche-développement et de dynamiser la croissance.

Fort de son réseau de dix établissements universitaires, l'Université du Québec, en partenariat avec et Frappier Tandem+, a fait évoluer ce modèle en misant sur une alliance entre le savoir spécialisé de ses étudiants des cycles supérieurs et de ses postdoctorants, l'expérience concrète d'acteurs du milieu entrepreneurial (gens d'affaires et organismes de développement régional1), les pouvoirs publics2 et l'établissement de l'Université du Québec situé dans une région ciblée. La multitude d'idées nées de ces regards croisés ouvrent la voie à des projets porteurs à caractère entrepreneurial et à des pistes d'actions dans des secteurs prometteurs.

À ce jour, les thématiques de la diversification, dans les secteurs de l'énergie, de la bioéconomie et du tourisme, et de l'innovation durable, dans les secteurs de l'agroalimentaire, des transports et des matériaux transformés, ont été abordées.

Une structure qui favorise l'émergence des idées

Chaque Savoir Affaires prend la forme d'une compétition étudiante au cours de laquelle une dizaine d'équipes, appuyées par des gens d'affaires et des intervenants socioéconomiques, doivent développer, puis présenter à un jury, des propositions d'affaire en lien avec des secteurs économiques prédéterminées.

Cette compétition entre des équipes multidisciplinaires stimule la créativité des participants. Une créativité qui est de surcroît aiguisée par des animateurs chevronnés utilisant diverses techniques de «remue-méninges». Au final, des dizaines de projets prêts à être mis en chantier sont nés de cet exercice de créativité.

Des idées prêtes à l'emploi

Des initiatives Savoir Affaires ont eu lieu, jusqu'à présent, à Shawinigan en Mauricie (7 au 11 février 2011) et à Drummondville au Centre-du-Québec (27 janvier au 1er février 2013). Elles ont réuni respectivement une cinquantaine d'étudiants et mobilisé près de 150 gens d'affaires, intervenants socio-économiques et représentants gouvernementaux. Globalement, soixante-deux projets d'entreprises évalués par un jury et plus de 300 idées d'affaires ont été proposés par les étudiants au cours des deux premières éditions.

À la manière d'une économie ouverte, et selon un principe qui est cher aux universités, toutes les idées développées lors des initiatives Savoir Affaires sont libres de droits. Les personnes ayant en elles la fibre entrepreneuriale peuvent donc s'approprier les projets, les développer et les exploiter à leur guise, dans la région de leur choix. Les liens suivants permettent d'accéder aux projets d'affaires proposés lors des initiatives ainsi qu'à une boîte à idées.

Savoir Affaires Mauricie
-Projets d'affaires

Savoir Affaires Centre-du-Québec
-Projets d'affaires
-Boîte à idées

L'innovation, un processus à long terme

Au-delà des plans d'affaires et des idées qui émergent lors d'un Savoir Affaires, tout un travail doit encore être accompli afin de générer concrètement des retombées économiques et sociales à moyen et à long terme. Passer de l'idée à l'entreprise ou à la commercialisation demande en effet des efforts et du temps. Cette démarche est facilitée par une prise en charge régionale et elle s'incarne par la présence d'un coordonnateur au suivi, qui assure un maillage plus efficace des projets avec la communauté d'affaires.

Lors de l'édition Savoir Affaires Centre-du-Québec, M. Yanick Gamelin a ainsi été mandaté pour aider à la diffusion des idées et à la mise en oeuvre des projets. Pour ce faire, il a d'abord tissé des liens avec les participants. Il s'est ensuite imprégné sur place des projets, de manière à être un meilleur vendeur auprès des entreprises.

Bien qu'il ne croit pas à la pensée magique en matière de création d'entreprise, M. Gamelin reste confiant dans les retombées des initiatives Savoir Affaires : « contrairement à ce que l'on pourrait penser, ça ne prend pas forcément beaucoup de projets pour créer nombre d'emplois». La naissance du Centre de transformation biopharmaceutique de Biothec Foresterie3, un projet issu du Savoir Affaires Mauricie, pourrait bien donner raison à son optimisme.

Témoignage d'une étudiante

«Des expériences antérieures m'ont amené à un questionnement sur le monde entrepreneurial : Est-ce que je suis faite pour ça? Ai-je les compétences? En m'inscrivant à Savoir Affaires, je souhaitais répondre à mes questions en plus d'acquérir des connaissances entrepreneuriales. [Je] suis allée chercher beaucoup plus. Les gens que j'ai côtoyés durant la semaine m'ont fait valoir mes compétences et mes forces. Plusieurs m'ont approchée et m'ont fait de belles propositions. J'ai adoré les échanges avec les étudiants, les gens d'affaires et les organisateurs. Ces échanges étaient riches. A poser des questions, j'ai reçu bien plus que des réponses!»

Caroline Majeau
Étudiante en didactique des mathématiques, UQAM

Pour en savoir plus sur les initiatives Savoir Affaires, visitez le http://www.savoiraffaires.ca/

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Notes :

1 - Organismes de développement économique : Centre d'aide aux entreprises (CAE), Centre locaux de développement (CLD) et Sociétés d'aide au développement des collectivités (SADC).

2 - Pouvoirs publics : Conférence régionale des élus (CRÉ), gouvernement du Canada, Développement économique Canada (DEC), gouvernement du Québec, Ministère des Finances et de l'Économie (MFE) et Emploi Québec (EQ).

3 - «La forêt de l'avenir à Saint-Tite », Le Nouvelliste, 12 septembre 2013.

Source :
Direction des communications
Université du Québec