2013-12-13 | INRS

Les jeunes musulmans canadiens face à l'islamophobie - Forger son identité en terre d'accueil

Malaise des uns face au port du voile, souvenirs des attentats terroristes de septembre 2001, divisions autour de la viande halal : qu'on soit pour ou contre l'adoption d'une charte sur la laïcité de l'État, force est de constater que l'intégration des immigrants de confession musulmane ne se fait pas sans heurt. Pourquoi? Professeure au Centre Urbanisation Culture Société de l'INRS, Denise Helly est d'avis que les musulmans immigrés au Québec au cours des 25 dernières années n'ont pas bénéficié des mêmes conditions d'accueil que d'autres groupes culturels. Petite histoire de l'arrivée d'une communauté trop souvent mal comprise.

Voilà maintenant plus de 40 ans que Denise Helly s'intéresse aux enjeux de l'immigration et de l'intégration. Bardée de diplômes en anthropologie, en études orientales et en sciences politiques, elle s'est au départ intéressée à l'histoire de la minorité chinoise, avant de se tourner vers les communautés musulmanes. À l'époque, dans les années 1970, très peu de musulmans avaient commencé à immigrer au Québec; ils ont plutôt commencé à s'y installer vers la fin des années 1980. Au début des années 1990, au cours d'un séjour en Europe, Denise Helly a perçu les premiers signes de l'émergence d'un certain ressentiment envers les nouveaux arrivants de confession musulmane.

À l'instar de la hausse de ces tensions dans les pays européens, de premières divisions ont commencé à se manifester au Québec, ce qui a mené à une première crise du voile en 1992-1993 (au sujet du port du voile dans les écoles) et à une controverse autour du programme PÉLO (programme d'éducation en langue d'origine) dans certaines écoles primaires.

Peu après ces incidents, Denise Helly a mis le cap sur l'Europe pour une année de recherche universitaire: « Je me suis rendue compte que la question musulmane allait devenir la question, car l'animosité était devenue extrêmement forte. Cette animosité canalisait tout un ressentiment chez certaines classes sociales peu éduquées, pour qui les musulmans devenaient une forme de bouc émissaire [face à la montée du chômage et de l'insécurité économique]. » À son retour au Québec, Denise Helly a poussé plus loin ses recherches sur le traitement des musulmans au Canada, sujet sur lequel elle a publié depuis de nombreux articles.

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Source :
Marianne Boire
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