2013-08-12 | UQ

Le retour des jeunes au bercail

Photo : Hugo Lacroix

Les régions éloignées se vident de leurs jeunes, dit-on. Et si ce n'était qu'un mythe? Entre 1995 et 2005, le Groupe interuniversitaire de recherche sur la migration des jeunes (GRMJ) a mené une vaste enquête dans toutes les régions du Québec. D'abord, on a interrogé 5 000 jeunes âgés entre 20 et 34 ans dans le but de mieux cerner ce qui les amenait à quitter leur région d'origine. Après quelques années, on a repris le questionnaire sur un second échantillon de 6 000 jeunes, afin de mesurer l'évolution des mentalités.

«Cette enquête a surtout démontré que l'exode des jeunes n'était pas irréversible», rappelle Madeleine Gauthier, professeure à l'INRS Urbanisation, Culture et Société. Cette sociologue, qui a consacré la plus grande partie de sa carrière à étudier les jeunes, a chapeauté ces deux enquêtes auxquelles la plupart des universités québécoises ont participé.

Ce qu'elle a mis en évidence, c'est que les jeunes ne quittent pas l'Abitibi ou la Gaspésie faute d'emploi et qu'ils y reviennent bien souvent. La tendance n'a fait que se renforcer depuis l'enquête, si bien qu'aujourd'hui les régions supposément en hémorragie affichent au contraire un bilan migratoire positif. «En fait, note la sociologue, c'est plutôt l'île de Montréal qui devrait s'inquiéter puisque la population y a chuté de 1,2% en 2010- 2011, le pire score au Québec.» La Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine, la Côte-Nord, l'Abitibi-Témiscamingue et le Centre-du-Québec ont maintenant un bilan migratoire positif.

Sur la photo : Festival des guitares du monde 2012, Agora des arts à Rouyn-Noranda.

Source : «Le retour des jeunes au bercail». La recherche dans le réseau de l'Université du Québec : Objectif régions - Du savoir pour le développement, vol. 2, no 2 (novembre 2012), p. V.

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