2013-02-25 | UQ

Contre un système universitaire à deux vitesses

Dans le débat public entourant la préparation du Sommet sur l'enseignement supérieur, une idée revient avec insistance : créer deux classes d'universités selon le volume de recherche réalisée.

Or, les volets de la mission universitaire d'enseignement, de recherche, de création et de service à la collectivité sont indissociables. Amputer l'une de ces dimensions aurait des conséquences néfastes sur la qualité de la formation. De plus, chacune des universités québécoises se démarque dans des créneaux d'excellence qui lui sont propres.

Les subventions de recherche sont allouées au mérite aux chercheurs et non aux établissements, sur la base d'une évaluation effectuée par des pairs, selon la qualité des propositions reçues et des équipes de recherche. Soulignons que ces équipes sont très souvent composées de chercheurs qui proviennent de plusieurs universités. Cette approche a fait ses preuves dans un contexte où l'excellence est visée. Ainsi, la qualité est reconnue partout où elle se manifeste.

Un des arguments avancés par les tenants d'une différenciation des universités sur la base du volume de recherche repose sur l'effort consenti par les établissements pour assumer les coûts de la recherche qui ne sont pas couverts par les subventions octroyées à leurs chercheurs. Or, tous les établissements, quelle que soit leur taille, subissent les contraintes liées à ces coûts, qui découlent principalement des octrois des organismes subventionnaires fédéraux.

Nous croyons qu'il faut reconnaitre une fois pour toutes que chacune des universités contribue à l'avancement des connaissances et est active sur la scène internationale. Concentrer l'effort de recherche dans quelques établissements appauvrirait notre système universitaire et nuirait à sa capacité à répondre aux défis sociaux, économiques et technologiques de la société. C'est ensemble, avec toutes nos forces et notre intelligence collective, que nous pourrons y arriver.

Les chefs d'établissements du réseau de l'Université du Québec

Robert Proulx, recteur de l'UQÀM
Nadia Ghazzali, rectrice de l'UQTR
Martin Gauthier, recteur de l'UQAC
Jean-Pierre Ouellet, recteur de l'UQAR
Jean Vaillancourt, recteur de l'UQO
Johanne Jean, rectrice de l'UQAT
Daniel Coderre, directeur général de l'INRS
Nelson Michaud, directeur général de l'ENAP
Yves Beauchamp, directeur général de l'ÉTS
Raymond Duchesne, directeur général par intérim, TÉLUQ
Sylvie Beauchamp, présidente de l'Université du Québec