2013-03-26 | UQTR

Pas de diplôme avant 20 ans pour 42% des jeunes qui ont des difficultés d'apprentissage

Nadia Rousseau

Une étude de cohortes réalisée dans la région de la Mauricie par Nadia Rousseau, titulaire de la Chaire de recherche Normand-Maurice à l'UQTR, professeure et présidente du 38e congrès annuel de l'Association québécoise des troubles d'apprentissage (AQETA), révèle que 42% des jeunes qui ont des difficultés d'apprentissage n'obtiennent pas de premier diplôme avant l'âge de 20 ans. Ces données ont été dévoilées dans le cadre d'un panel formé d'experts du milieu de l'éducation qui ont abordé le sujet du décrochage scolaire sous le thème «Les jeunes à besoins particuliers dans la réussite éducative : le chaînon manquant?».

Décrocher un diplôme ou décrocher tout court?

«L'étude indique clairement que les deux tiers de ces jeunes finissent leur parcours scolaire sans diplôme», constate Nadia Rousseau. Décrocheront-ils? Voilà la question posée aux panellistes Claude Lessard du Conseil supérieur de l'éducation, Gaétan Neault de l'Association montréalaise des directions d'établissement scolaire et Égide Royer, professeur titulaire à l'Université Laval et psychologue, dans le but de cerner les éléments sur lesquels chacun peut agir pour favoriser la réussite de ces jeunes.

Qui sont ces jeunes?

Compte tenu des divers troubles (lecture, écriture, calcul ou trouble associé comme le trouble déficitaire de l'attention avec ou sans hyperactivité), ces jeunes doivent répondre aux mêmes attentes que tous les autres en situation d'apprentissage, mais avec des obstacles. «Ils ont les capacités intellectuelles pour réussir, bien que l'obtention d'un premier diplôme de niveau secondaire représente un défi de taille. Cette diplomation résulte d'une grande persévérance. Connaissant les prédicteurs de diplomation, ils gagneraient à faire l'objet d'une réflexion sérieuse pour soutenir la réussite de ces jeunes», soutient Nadia Rousseau.

Des pistes de réflexion... et des solutions

Intitulée La quête d'un diplôme en Mauricie : les variables prédictives, la particularité de l'étude est le suivi de trois cohortes durant tout leur parcours scolaire et son caractère prédictif, lequel a permis de dégager des données plus fines sur les jeunes en difficulté d'apprentissage. «Exemples : la poursuite d'un programme de formation professionnelle est la variable prédictive la plus forte en matière d'obtention d'un premier diplôme suivi de la classe ordinaire. Puis, la réussite de la 3e année du primaire sans redoublement», précise Nadia Rousseau.

Ensemble pour la réussite, l'invitation est lancée!

Au-delà de ce congrès, c'est une invitation, à l'image du panel, que Jean-Louis Tousignant, président du conseil d'administration de l'AQETA, adresse à l'ensemble des acteurs en éducation à agir rapidement, en continuité et en cohérence tout au long du parcours scolaire afin de favoriser réellement la réussite de TOUS, de manière à contribuer encore plus concrètement à abaisser le taux de décrochage scolaire.

À propos du congrès annuel de l'AQETA

Ce congrès est l'un des plus importants en éducation. En effet, chaque année, près de 2000 congressistes assistent aux présentations, ateliers et formations de plus de 100 conférenciers. Par ce congrès, l'AQETA promeut la mise en place d'interventions pédagogiques reconnues par la recherche pour être efficaces, afin de favoriser la réussite de tous les élèves, du préscolaire au postsecondaire.

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Source :
Rédaction En Tête, 25 mars 2013