2013-03-27 | UQAM

Le choc de la naissance

Nancy Verreault
Photo : Nathalie St-Pierre

Moment de pur bonheur, de joie et d'espoir, mais aussi de douleur, de souffrance et d'inquiétude, l'accouchement fait vivre aux mamans des montagnes russes d'émotions qui se poursuivent parfois pendant des semaines, voire des mois. Certaines femmes ressentent une détresse qui mène à un diagnostic étonnant : un état de stress post-traumatique (ÉSPT).

«Que les femmes enceintes ne s'alarment pas. Peu d'entre elles risquent d'en souffrir, mais le phénomène existe», souligne Nancy Verreault. Guère étudié jusqu'ici au Canada, le sujet a fait l'objet des recherches de la doctorante en psychologie, sous la codirection du professeur André Marchand, du Département de psychologie, et de la professeure Deborah Da Costa, de l'Université McGill. «Le but était de vérifier l'incidence de l'ÉSPT chez les femmes qui accouchent et d'observer s'il y a des facteurs de risque liés à cet état», précise la jeune chercheuse.

L'ÉSPT est un trouble anxieux se caractérisant principalement par le développement de symptômes spécifiques après l'exposition à un événement particulièrement stressant ou à un événement traumatique extrême qui a impliqué la mort, une menace de mort, des blessures graves et/ou une menace à son intégrité physique et/ou à celle d'autrui. «C'est clairement le cas d'un accouchement, un moment où mère et enfant peuvent vivre des complications les mettant en danger», note Nancy Verreault, dont l'échantillon comptait 308 femmes montréalaises.

Les sujets ont participé à l'étude en se soumettant à un questionnaire à 4 moments : entre 25 et 40 semaines de grossesse, puis 4 à 6 semaines, 3 mois et 6 mois après la naissance. «Lors de la première rencontre, nous avons dressé un portrait de chaque femme en ce qui a trait, entre autres, aux variables sociodémographiques et psychologiques, explique la chercheuse. Nous avons aussi sondé les attentes par rapport à l'accouchement, le soutien social disponible pour la mère, la présence de traumatismes antérieurs et l'historique de difficultés émotionnelles, le cas échéant.»

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Source :
Pierre-Etienne Caza
Journal L'UQAM, vol. XXXX, no 12
18 mars 2013