2013-04-04 | INRS

Une métropole sur le fil de fer

Photos © Christian Fleury

Congestion routière, corruption municipale, problèmes de gouvernance : Montréal n'a pas la cote ces temps-ci. Et pourtant, d'un point de vue scientifique, la ville la plus peuplée du Québec va au contraire plutôt bien, puisqu'elle réussit envers et contre tous à maintenir son statut de métropole économique et culturelle. Mais pour combien de temps encore? Professeure et directrice du Centre Urbanisation Culture Société de l'INRS, Claire Poitras, spécialiste d'histoire urbaine, analyse les transformations de Montréal à partir d'une perspective historique. Et en dépit des récentes réalisations montréalaises telles que la revitalisation du Quartier des spectacles, elle s'inquiète de voir la métropole perdre certaines de ses exclusivités économiques et culturelles au profit d'autres municipalités environnantes. Les banlieues et quartiers DIX30 de ce monde menacent-ils l'avenir de la métropole?

D'une décennie à l'autre, Montréal se transforme sous l'effet des mouvements de population. Au début des années 1930, par exemple, la ville aux cent clochers a connu une première baisse démographique lors d'un retour des jeunes hommes vers les fermes des comtés ruraux environnants. Une trentaine d'années plus tard, un nouvel exil s'est entamé lorsque les ménages des quartiers centraux ont commencé à migrer vers les banlieues. Pendant de longues années, cet exode résidentiel n'a pas réellement menacé le monopole économique, industriel et culturel de Montréal, puisque les nouveaux résidents des banlieues continuaient à se rendre quotidiennement en ville pour travailler, consommer et se divertir. Or, ce n'est plus le cas aujourd'hui, explique Claire Poitras, car les anciennes villes-dortoirs sont devenues des milieux de vie à part entière avec des quartiers industriels, des espaces commerciaux recherchés et des lieux de divertissement prisés. Le quartier DIX30 de Brossard (qui combine développement résidentiel, commercial, économique et culturel) illustre parfaitement cette nouvelle réalité.

«Montréal n'a plus l'exclusivité en termes de diversité commerciale et culturelle, soutient Claire Poitras. Il n'y a donc plus vraiment de raison de venir au centre-ville.» Les banlieues ne sont d'ailleurs pas les seules à faire compétition à Montréal : ses propres arrondissements lui font également concurrence, en voulant eux aussi offrir à leurs résidents une vie culturelle et économique de qualité, avec des théâtres de quartier par exemple.

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Source :
Marianne Boire
PLANÈTE INRS.CA, mars 2013