2013-04-10 | INRS

La double vie de la galectine-7

Photos © Christian Fleury

Voilà près de dix ans que le professeur Yves St-Pierre s'intéresse à la galectine-7. Détrompez-vous, il ne s'agit pas du nom d'une planète lointaine, mais d'une protéine dont l'expression serait liée à plusieurs cancers parmi les plus agressifs, comme ceux du sein, du pancréas, du foie ou du poumon. Les percées du professeur St-Pierre et de son équipe du Centre INRS-Institut Armand-Frappier pavent la voie à des applications très concrètes qui permettraient de personnaliser les soins en oncologie. En effet, la galectine-7 pourrait bien donner un fier coup de main aux cliniciens afin de mieux identifier et évaluer le potentiel de dangerosité d'un cancer, voire prédire les risques de rechute du patient dans les cinq années suivant les premiers traitements. Mais dans l'immédiat, les chercheurs tentent avant tout de mieux comprendre le rôle paradoxal que joue cette protéine dans les différents cancers.

Lorsqu’il a pour la première fois identifié une forte présence de la galectine-7 dans certains types de tumeurs cancéreuses, Yves St-Pierre était bien loin de se douter que ses recherches seraient aussi fructueuses pour un si grand nombre de cancers. Avant cette découverte, aucun autre groupe de recherche ne s’était penché sur cette obscure protéine, mis à part des chercheurs français qui avaient observé que celle-ci s’exprimait davantage lorsque des cellules de la peau étaient endommagées par les rayons UV. Point à la ligne. Aucune autre recherche, nulle part ailleurs dans le monde, n’avait porté sur cette protéine spécifique.

C'est en travaillant sur des tumeurs du système lymphatique qu'Yves St-Pierre a fait cette première découverte, alors qu'il tentait de comprendre pourquoi certains types de cellules cancéreuses se développaient de manière beaucoup plus agressive que d'autres. Il a ainsi observé que les tumeurs très cancéreuses contenaient 160 fois plus de galectine-7 que celles qui n'étaient pas cancéreuses. Peu de temps plus tard, il a corroboré cette observation en démontrant que l'introduction de cette protéine dans des cellules non cancéreuses transformait celles-ci en tumeurs cancéreuses beaucoup plus malignes. À l'inverse, en retirant la même protéine des cellules très cancéreuses, celles-ci devenaient inoffensives. Pour l'équipe de recherche, il s'agissait d'une première preuve de concept solide démontrant l'importance de cette protéine dans le développement des cancers lymphatiques.

Lire l'article complet

Source :
Marianne Boire
PLANÈTEINRS.ca
Le magazine en ligne de l'INRS