2013-04-18 | INRS

Un tsunami nommé Internet

Photo © Marc Robitaille

Qu'on soit pour ou contre, il faut se rendre à l'évidence : à l'instar de toutes les sociétés occidentales, le Québec a vécu (et vit encore) de profonds bouleversements en raison de la déferlante vague numérique. En submergeant tout sur son passage, le tsunami Internet chamboule le quotidien des citoyens-internautes, impose une redéfinition de nombreux codes culturels et force les industries culturelles à se repenser -- ou dans certains cas, à se réinventer complètement. Dans ce remue-ménage culturel général, l'État est lui aussi interpellé, mais est-il au rendez-vous? Tout récemment nommé titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les nouveaux environnements numériques et l'intermédiation culturelle, Jonathan Roberge, professeur au Centre Urbanisation Culture Société de l'INRS, invite le gouvernement québécois à s'inspirer des pays comme la France et l'Angleterre, qui ont décidé de suivre la vague plutôt que de la regarder passer.

Tout comme l'émergence des journaux, puis de la radio et de la télévision en leur temps, l'arrivée d'Internet a causé une véritable onde de choc dans le paysage culturel, à un point tel que le numérique est devenu la culture populaire dominante : «La culture numérique, c'est notre culture, aujourd'hui, soutient Jonathan Roberge avec conviction. C'est le monde dans lequel on vit : un univers marqué par une ubiquité des technologies de l'information et de la communication, puisque celles-ci se retrouvent absolument partout. Et l'ampleur des bouleversements est tellement importante que ça mérite vraiment qu'on s'y attarde pour réfléchir sur les enjeux que la culture numérique soulève.»

Des citoyens devenus internautes

Entourés d'ordinateurs, de tablettes tactiles, de téléphones intelligents et tant d'autres appareils numériques, les citoyens-internautes font désormais face à une avalanche d'offre culturelle, un « déluge de données » (pour reprendre l'expression utilisée par des sociologues américains) qui modifie complètement la consommation de produits culturels telle qu'on la connaissait il y a encore assez récemment. Alors qu'il n'y a pas si longtemps, par exemple, il était indispensable de se rendre au club vidéo du quartier pour louer un film, voilà que des entreprises comme Netflix offrent désormais une monumentale banque de films et de séries télé à visionner directement en ligne. La situation est semblable pour la musique et tant d'autres produits culturels : l'explosion de l'offre et des outils de recommandation qui la classe et l'ordonne est telle qu'elle modifie en profondeur nos choix, nos habitudes de vie et nos rapports sociaux face à la culture et à sa consommation.

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Source :
Marianne Boire
PLANÈTEINRS.ca
10 avril 2013