2013-08-06 | UQ

Le Québec en eaux troubles

Ryan Remorz - La Presse Canadienne

Juillet 2012. Rosemère, Deux-Montagnes, Sainte-Marthe-sur-le-Lac, comme d'autres municipalités qui puisent leur eau dans la rivière des Mille Îles, doivent interdire l'arrosage des pelouses. C'est que le débit du cours d'eau qui sépare Laval des Laurentides n'est plus que de 30 m3/s à 50 m3/s, loin de la moyenne de 160 m3/s. Le phénomène n'est pas nouveau. Le niveau exceptionnellement bas (l'étiage) est même devenu fréquent en été depuis quelques années, avec un seuil critique de 13 m3/s en 2001!

Les changements climatiques sont bien entendu montrés du doigt. D'autant que cette anémie hydrologique accompagne les années les plus chaudes jamais enregistrées au pays. Pourtant, le Québec ne semble pas craindre la pénurie. Avec ses centaines de milliers de lacs, ses milliers de rivières et son fleuve géant, il représente, à lui seul, 3% de l'eau douce renouvelable dans le monde. Cette manne qui sourd de partout s'utilise dans la province en quantités astronomiques. Ne serait-ce que pour assurer la capacité de production de 43 000 mégawatts des barrages d'Hydro-Québec.

Nos colossales ressources hydriques pourraient-elles donc être mises à mal par le réchauffement de la planète? L'équilibre hydrologique actuel pourrait être au moins fortement perturbé.

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Source :
Olivier Rey, « Le Québec en eaux troubles »
La recherche dans le réseau de l'Université du Québec, vol 3, no 1, 2013, pp. VII-IX.