2013-05-07 | UQAM

Des jeux vidéo intelligents

Le pilote est fin prêt et sa stratégie, presque parfaite. Nerveusement, il balaie une dernière fois l'écran des yeux. «Allons, marmonne-t-il à mi-voix, ma couverture radar est presque parfaite. Je bombarde tranquillement ma cible et tant qu'il n'y a pas de chasseurs dans mon angle mort, je rentre à la maison sans problème.» Il amorce sa manoeuvre, enclenche les missiles, vise... puis l'improbable s'abat sur lui. La zone non couverte par son radar crache les chasseurs ennemis. «Merde.» Le cockpit s'illumine un instant d'une foule de voyants rouges, puis plus rien. Game Over. Dans son simulateur, le soldat peste contre l'intelligence machiavélique de ce jeu d'entraînement qui semble méthodiquement punir chacune de ses mauvaises habitudes.

Science-fiction? C'est le genre de logiciels qu'Éric Beaudry cherche à concevoir. Ce professeur au Département d'informatique développe des algorithmes permettant à une machine de prendre des décisions, une capacité fondamentale de l'intelligence artificielle. «Pour avoir un programme intelligent, il faut qu'il puisse prendre ses décisions par lui-même», martèle le professeur. Robotique, défense ou exploration spatiale, ces programmes autonomes ont une grande variété d'applications. Mais les visées d'Éric Beaudry sont plus terre-à-terre : il cherche à créer des jeux vidéo intelligents.

Le professeur est particulièrement intéressé par les jeux sérieux. Dans ce type de jeux, le divertissement est secondaire par rapport à des objectifs pédagogiques, idéologiques ou de marketing. On pense à des programmes comme Mécanika, créé pour que des étudiants du secondaire acquièrent un sens intuitif de la mécanique, ou America's army, un titre développé à grands frais pour promouvoir l'enrôlement dans l'armée américaine.

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Source :
Benjamin Tanguay
Journal L'UQAM
Vol. XXXIX, no 16 (29 avril 2013)