2013-05-15 | UQAM

Préserver la mémoire des arts vivants

Anne Bénichou

En 1983, le chorégraphe québécois Jean-Pierre Perreault crée Joe avec des étudiants en danse et en théâtre de l'UQAM. Cette pièce, l'un des chefs-d'oeuvre de la danse contemporaine au Québec, est retravaillée l'année suivante avec une équipe de danseurs professionnels, puis est reprise en 1996 et en 2004, deux ans après le décès de son chorégraphe. Quel statut doit-on donner à une oeuvre chorégraphique ou performative réinterprétée 10 ou 20 ans plus tard par d'autres artistes? L'oeuvre est-elle nouvelle ou réactualisée? Comment conserver et transmettre sa mémoire?

Ces questions étaient au centre des discussions d'un colloque international qui a réuni, du 2 au 5 mai derniers, une vingtaine de chercheurs, de créateurs et de professionnels des milieux de la danse et de la performance. L'événement était organisé par l'Institut du patrimoine de l'UQAM et la Fondation Jean-Pierre Perreault.

«Tout artiste, quelle que soit sa discipline, s'interroge sur le devenir de son oeuvre, sur les modalités de sa pérennisation et de son insertion dans les récits et les institutions de l'histoire de l'art, observe Anne Bénichou, professeure à l'École des arts visuels et médiatiques et responsable du colloque. C'est d'autant plus vrai pour l'art de la performance et la danse, dont les oeuvres, éphémères par définition, mettent en scène le corps et se déploient dans un rapport direct avec le public, ici et maintenant.» Cela explique pourquoi les oeuvres chorégraphiques et performatives ont plus ou moins échappé aux institutions patrimoniales traditionnelles, lesquelles s'intéressent essentiellement à la culture matérielle composée d'objets et d'artefacts.

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Source :
Claude Gauvreau
Journal L'UQAM
Vol. XXXIX, no 17 (13 mai 2013)