2013-05-28 | INRS

Diagnostic des ulcères et des cancers de l'estomac - Un capteur d'ammoniac qui a du souffle

Photos © Christian Fleury

L'haleine peut dévoiler bien plus qu'un taux d'alcoolémie. Un ulcère ou un cancer de l'estomac, entre autres. Comment? Avec un détecteur de gaz portatif utilisable lors d'une visite à la clinique médicale. Daniel Guay, professeur au Centre Énergie Matériaux Télécommunications de l'INRS, en collaboration avec Lionel Roué, également professeur au même centre, met au point cet appareil ultrasensible qui permettrait la détection de ces maladies, souvent à un stade précoce. Le «nez électronique» de ce test diagnostic relèvera d'infimes concentrations d'ammoniac, imperceptibles à l'odorat humain. Pourtant, lorsque ce gaz est perçu dans notre souffle, il en révèle beaucoup sur notre état de santé.

Analyser l'haleine des patients pour y détecter la présence de molécules d'ammoniac (NH3) n'est pas une idée nouvelle. À l'hôpital, d'encombrants appareils permettent déjà d'en déterminer les concentrations pour signaler la présence de la bactérie H. Pylori, décelable chez 20 % des Canadiens et responsable de la formation d'ulcères et de certains cancers de l'estomac. Bien que cette technique soit moins invasive qu'une endoscopie avec biopsie, elle comporte certains inconvénients. Elle est longue, coûteuse et nécessite l'expertise de personnel très qualifié. Tout le contraire du test diagnostique qui résulterait des travaux de Daniel Guay.

«Notre idée est de développer un détecteur suffisamment sensible, performant et bon marché pour qu'il puisse s'intégrer dans des dispositifs portables. Avec un tel appareil, un médecin serait capable en quelques minutes de poser sur place un diagnostic fiable sur l'avancement de la maladie, de vérifier l'efficacité de la médication lorsque c'est le cas et d'établir un pronostic», détaille le professeur Guay, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en matériaux énergétiques, récemment renouvelée pour une période de cinq années. Grâce à l'obtention d'une subvention de près de 500 000 dollars octroyée par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, son équipe et lui auront trois ans pour peaufiner un détecteur d'ammoniac hypersensible.

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Source :
Bruno Geoffroy
PLANÈTEINRS.ca, 15 mai 2013