2014-01-09 | UQAR

Hypoxie du Saint-Laurent profond - Une découverte qui va créer des remous

Frédéric Cyr (Photo : Rémi Desmarais)

Une recherche menée par des chercheurs de l'UQAR-ISMER a permis d'établir que l'estuaire profond est dix fois moins turbulent que ce que croyait la communauté océanographique. Publiée dans le Journal of Geophysical Research, cette étude apporte un son de cloche différent à la compréhension de la distribution profonde de l'oxygène dissous, un élément essentiel à la vie marine.

Cette étude du professeur Daniel Bourgault et du candidat au doctorat en océanographie Frédéric Cyr, du chercheur de l'Institut Maurice Lamontagne (IML) et professeur associé à l'ISMER Peter Galbraith et du professeur Émilien Pelletier, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en écotoxicologie moléculaire en milieux côtiers, bouleverse la compréhension que les scientifiques avaient du rôle de l'écosystème sur la distribution de l'oxygène dissous et démontre que les eaux profondes du Saint-Laurent sont dix fois plus stagnantes que ce que de récentes études l'ont présumé.

«Pour comprendre l'impact de cette découverte, il faut savoir que la température et la salinité de l'eau du Saint-Laurent n'est pas uniforme sur la profondeur», explique le professeur Bourgault. À 300 mètres de profondeur, l'eau est environ 5 degrés plus chaude et 10 % plus salée que l'eau à 100 m de profondeur. «Si on isolait le Saint-Laurent tout en maintenant son faible niveau de turbulence tel que nous l'avons mesuré, cela prendrait environ 30 ans pour homogénéiser la température et la salinité des couches profondes. En comparaison, si la turbulence était dix fois supérieur telle que présumée dans des études antérieures, cela ne prendrait que 3 ans pour effectuer le même mélange.»

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Source :
Jean-François Bouchard
UQAR-Info, 8 janvier 2014