2014-01-14 | INRS

Quel avenir pour les truites de nos lacs nordiques?

Les amateurs de pêche au Québec le savent bien : les jours de grandes chaleurs, l'omble chevalier et le touladi, ou truite grise, montrent rarement le bout de leur nageoire. L'eau chaude, très peu pour ces deux espèces importantes pour la pêche d'autosubsistance et l'industrie touristique des régions nordiques. Malheureusement, le climat se réchauffe. Comment s'adapteront-elles au bouleversement de leur écosystème? C'est la question sur laquelle s'est penchée une équipe de chercheurs interuniversitaire dirigée par Yves Gratton, professeur au Centre Eau Terre Environnement de l'INRS.

L'avenir des salmonidés dans les lacs nordiques du Québec préoccupe le gouvernement et les communautés locales. Pendant l'été, certaines populations autochtones vivent en partie de la pêche, et des lacs fourmillant de poissons ont un impact positif sur la fréquentation touristique. Il est donc souhaitable pour le ministère des Ressources naturelles et de la Faune (NDLR : maintenant le ministère du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs - MDDEFP) ou une société comme Makivik, qui protège les droits des Inuits, d'anticiper les conditions futures des lacs du nord québécois afin de mieux gérer les stocks de poissons et d'ensemencer en alevins les plans d'eau les plus propices à leur reproduction, une fois devenus adultes.

Prévoir la température, pas la météo

Les modèles climatiques prévoient une élévation moyenne de 3,7°C au nord du 60e parallèle entre 2071 et 2100 par rapport à la période 1981-2000. Pour évaluer l'incidence de ces changements sur l'habitat des salmonidés, au meilleur de leur forme dans des eaux variant entre 8e et 12oC, l'équipe de chercheurs* a modélisé quatre lacs de diverses dimensions et profondeurs situés entre les 47 e et le 58 e parallèles : le lac Jacques-Cartier, à quelques dizaines de kilomètres de la ville de Québec; le lac Bédard, de 250 mètres de diamètre, tapi dans la forêt Montmorency près de Québec et que la professeure Monique Bernier, directrice adjointe du Centre d'études nordiques, échantillonne tous les ans pour des activités d'enseignement, ainsi que les lacs Chibougamau et Stewart - ce dernier, très prisé par les Inuits, étant voisin de Kujjuaq. «La modélisation permet d'estimer ce qui va se passer dans 50 ou 100 ans, explique Yves Gratton, qui a dirigé ce projet de recherche financé par le MDDEFP. Nos résultats n'annoncent pas la température exacte du 22 janvier 2042; ils permettent plutôt de prévoir qu'à l'horizon 2041-2070, c'est-à-dire sur une période de trois décennies, comment le mois de janvier sera plus chaud.»

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Source :
Pascale Guéricolas
PLANÈTEINRS.ca