2014-01-20 | INRS

Une micropile qui carbure à l'alcool

Photo © Christian Fleury

En pleine négociation téléphonique avec un client important, votre cellulaire flanche. « Batterie à plat », indique un message sur l'écran, avant que ce dernier ne vire au noir de suie. Malheur! Vous avez oublié de recharger votre téléphone. Le professeur Mohamed Mohamedi veut nous affranchir de tels désagréments et des chargements à répétition. Dans son laboratoire d'électrochimie et de microsystèmes énergétiques, il consacre ses énergies au développement d'une micropile à combustible fonctionnant avec de l'éthanol généré à partir de déchets agricoles et forestiers. Capable de fonctionner en continu plus longtemps que la coûteuse batterie lithium-ion, cette pile verte pourrait la déloger de nos ordinateurs et autres téléphones portables d'ici une dizaine d'années.

Alors que le domaine de l'automobile mise sur l'hydrogène gazeux comprimé comme combustible pour les piles des véhicules des prochaines générations, l'industrie de l'électronique pourrait se tourner vers l'éthanol ou le méthanol. Actuellement, Mohamed Mohamedi, professeur au Centre Énergie Matériaux Télécommunications de l'INRS, privilégie l'usage de l'éthanol, une molécule d'alcool riche en hydrogène, pour alimenter nos appareils électroniques portatifs.

« Notre micropile nécessite un combustible facilement utilisable et transportable. Or, à température ambiante, l'hydrogène est gazeux. Tout le monde comprendra qu'il serait difficile d'insérer une bonbonne d'hydrogène comprimé dans un téléphone cellulaire! Un combustible liquide à température ambiante comme l'éthanol est plus approprié », avance Mohamed Mohamedi. Il a de la chance : le Canada est une nation de fermiers. Chaque année, des millions de tonnes de déchets de la culture de maïs et de la foresterie pourraient servir à produire du bioéthanol sans entamer l'approvisionnement alimentaire du pays.

Ce carburant obtenu à partir de la biomasse limiterait l'utilisation de nos ressources fossiles et réduirait les émissions de dioxyde de carbone inhérentes à la production d'hydrogène. «Si notre technologie décolle, le développement économique de l'industrie canadienne autour de ce bioéthanol suivra forcément», croit le professeur Mohamedi. L'autonomie électrique de nos ordinateurs, de nos tablettes et de nos téléphones passerait donc par une bonne rasade d'alcool aux vertus environnementales et économiques.

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Source :
Bruno Geoffroy
PLANÈTEINRS.ca