2014-01-21 | UQTR

Nouvelle stratégie de lutte contre le sida

Les récentes avancées dans le traitement du sida donnent espoir aux chercheurs quant à la découverte de nouvelles avenues pour réduire la propagation de cette épidémie, qui a tué jusqu'à maintenant plus de 25 millions de personnes dans le monde. L'équipe de recherche du Laboratoire de rétrovirologie de l'UQTR, dirigée par le professeur Lionel Berthoux du Département de biologie médicale, participe à l'effort international en travaillant sur une nouvelle stratégie prometteuse qui consiste à modifier directement les cellules des patients atteints afin de les rendre plus résistantes au VIH.

Les dernières années ont vu une percée majeure dans la lutte contre le sida : déclaré séropositif en 1995, l'Américain Timothy Brown, surnommé «le patient de Berlin», devient la première personne infectée par le VIH apparemment guérie de façon démontrable. Apprenant en 2006 qu'il est atteint de leucémie, M. Brown consulte l'hématologue Gero Hütter de l'hôpital universitaire de la Charité à Berlin, qui lui propose de procéder à une greffe de la moelle osseuse; depuis, le patient n'a plus montré de signes d'infection.

Comme dans toute greffe de moelle osseuse, on commence par détruire les cellules du système immunitaire du patient pour ensuite lui greffer de «nouvelles» cellules provenant d'un donneur. Dans le cas de Timothy Brown, il s'avère que la moelle osseuse du donneur contenait des cellules naturellement résistantes au VIH, une immunité dont bénéficie seulement 0,3% de la population mondiale et qui découle d'une mutation touchant le récepteur CCR5, par lequel le virus infecte les lymphocytes CD4 du sang.

Cette avancée est d'un grand intérêt pour Lionel Berthoux, spécialiste en rétrovirologie cellulaire et moléculaire à l'UQTR. «Cela signifie qu'on peut traiter le sida en ciblant les cellules du patient plutôt que le virus lui-même. Une des stratégies que nous explorons consiste à modifier le génome des patients infectés de façon à rendre leurs cellules résistantes au VIH», soutient le chercheur, dont les travaux sont financés en majeure partie par les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC).

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Sur la photo : Lionel Berthoux, professeur au Département de biologie médicale de l'UQTR.

Source :
Pierre Pinsonnault
EnTête, 16 janvier 2013