2014-01-23 | INRS

L'INRS perd un de ses fondateurs

Le professeur émérite Michel Slivitzky nous a quittés le 14 janvier 2014, à la suite d'une longue maladie qu'il a combattue avec beaucoup de courage. En mars 2013, l'INRS avait honoré celui qui est reconnu comme le père de l'hydrologie scientifique au Québec, pour son oeuvre scientifique et son rôle de pionnier dans la création de l'INRS.

Au début des années 1950, Michel Slivitzky a réalisé ses études en sciences fondamentales et en génie à l'Université de Paris, à l'Université McGill et au Massachusetts Institute of Technology. Ingénieur conseil dans le secteur privé pendant quelques années, il a mené des études de terrain pour évaluer le potentiel hydroélectrique de la baie James. Par ailleurs, il a oeuvré au sein de la Fonction publique comme conseiller en politique scientifique au Secrétariat général du Conseil exécutif et ensuite comme directeur général du Bureau de la science et de la technologie. C'est dans le cadre de ces fonctions qu'il a eu l'idée d'un centre de recherche multidisciplinaire sur l'eau, l'INRS-Eau, qu'il a dirigé de 1970 à 1973, et de nouveau de 1982 à 1990, avant d'être nommé professeur émérite en 1992.

Dès le début de sa carrière, ce féru de mathématique a cherché à appliquer les sciences dans un domaine clé de l'économie : les ressources en eau. Dans une allocution récente, le professeur Slivitzky a relaté très modestement sa participation au développement de l'hydrologie. Il faisait remarquer que les fondements physiques de l'hydrologie sont apparus au début du siècle dans des traités de pharmacologie. Une longue évolution a mené à une définition plus large de cette science, à la base de la connaissance sur le circuit des eaux continentales. Grâce à ce pionnier scientifique et aux nombreux chercheurs qu'il a entraînés dans son sillon, l'hydrologie est devenue une science qui a largement participé à l'essor économique du Québec par le développement hydroélectrique.

Les professeurs-chercheurs qu'il a recrutés tout au long de sa carrière reconnaissent sa contribution scientifique remarquable et son influence sur le développement de l'INRS. Parmi eux, le professeur Jean-Pierre Villeneuve, directeur du centre INRS-Eau et ensuite INRS-Eau Terre Environnement pendant de nombreuses années, le considère comme un véritable bâtisseur à qui l'on doit un fleuron de la science au Québec : l'INRS. Quant au professeur Michel Leclerc qui a mené une carrière remarquée en hydraulique et en génie fluvial, il voit en Michel Slivitzky un pionnier de la recherche interdisciplinaire au Québec. Pour sa part, le professeur émérite Bernard Bobée souligne le caractère mobilisateur de ce mentor à l'origine de sa carrière en hydrologie statistique appliquée à l'hydroélectricité : une science qui a permis d'évaluer les ressources en eau du Québec et leur potentiel énergétique.

En plus d'avoir encouragé plusieurs générations de jeunes à poursuivre des carrières scientifiques, le professeur Slivitzky a été membre de diverses organisations internationales. Il a notamment présidé le Conseil intergouvernemental pour le Programme hydrologique international de l'UNESCO. À l'échelle nationale, il a mis à profit son expertise au sein du Comité interministériel du Québec sur les changements climatiques, du Conseil scientifique des Grands Lacs et de la Commission mixte internationale et a coprésidé la Commission d'évaluation environnementale du canal de Lachine. Il a aussi pris part aux travaux de la phase II et III du Comité consultatif Saint-Laurent Vision 2000. Au cours des dix dernières années, il était expert conseil du Groupe simulations climatiques du consortium Ouranos ainsi que membre du Centre de recherches en modélisation régionale du climat de l'UQAM.

Saluons la contribution remarquable du professeur Michel Slivitzky à l'histoire scientifique du Québec. Son sens créatif, son enthousiasme contagieux et sa grande curiosité intellectuelle demeurent une source d'inspiration et de motivation pour une large communauté de chercheurs.

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Source :
Gisèle Bolduc
Service des communications, INRS