2014-02-24 | INRS

Régulariser la réponse du système immunitaire chez les grands brûlés

Tout juste rescapé des flammes, un grand brûlé entre aux soins intensifs. Tandis que médecins et infirmières s'affairent pour éviter le pire, le corps de la victime est le théâtre d'une activité tout aussi frénétique. Son système immunitaire est sur le pied de guerre et fonctionne à près de 500 % de son rythme normal. Après une semaine de ce régime insensé, c'est l'effondrement. Les cellules du système immunitaire qui repoussent les envahisseurs ne fonctionnent à peu près plus. Au cours de cette période vulnérable, plusieurs grands brûlés subissent un choc septique - une infection systémique des organes - et décèdent.

C'est ce scénario catastrophe que Jacques Bernier, professeur et chercheur en immunologie au Centre INRS-Institut Armand-Frappier, veut éviter. Avec Debbie Lim, étudiante dans son laboratoire et lauréate 2013 de la bourse de maîtrise Roche Diagnostics Canada, il tente de régulariser la réaction du système immunitaire d'une victime d'incendie. Leur recherche est importante : chaque année, les centres hospitaliers admettent de 300 à 350 grands brûlés. Les chances de survie de ces victimes varient en fonction de leur âge et de la taille de la surface de la peau touchée. Près de 5 % décèdent des suites de leurs blessures. «En évitant la réponse démesurée du système immunitaire, nous pourrions diminuer la quantité de chocs septiques chez les grands brûlés», estime le chercheur.

Système immunitaire à deux vitesses

Pendant les jours suivant le drame, le système immunitaire, hyperactif, sécrète une quantité phénoménale de cytokines, des substances qui régulent l'activité et la fonction d'autres cellules, affectant organes, hormones et le système immunitaire lui-même. À la longue, ce cocktail a des effets dévastateurs sur les organes du corps. «À petites doses, les cytokines ont des effets bénéfiques sur le corps humain, mais elles deviennent néfastes en plus grande concentration, explique le chercheur. Elles entraînent entre autres des troubles cardiaques et des troubles rénaux. C'est d'ailleurs en partie pour éviter la défaillance des organes que le système immunitaire baisse de régime après les sept premiers jours.»

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Source :
Benjamin Tanguay
PLANÈTEINRS.ca, 12 février 2014