2014-03-20 | INRS

La diversité apprivoisée

Annick Germain (photo © Christian Fleury)

Accommodements raisonnables, valeurs de laïcité, neutralité religieuse : les médias ont plus que jamais tendance à souligner la crise identitaire des Québécois de souche. Or, les conclusions d'une recherche menée par Annick Germain, professeure au Centre Urbanisation Culture Société de l'INRS, vont dans une tout autre direction : les habitants du Grand Montréal de classe moyenne seraient plus ouverts à la diversité ethnoculturelle que ne le laissent penser les sondages d'opinion. Pas du tout troublés par les changements démographiques de leur milieu de vie, ces citoyens qui cohabitent avec leurs voisins venus d'ailleurs sont nombreux à tirer profit de la vie de leur quartier.

Annick Germain se passionne pour la vie montréalaise. Et qui dit Montréal, dit désormais cosmopolitisme. D'un projet de recherche à l'autre, cette sociologue urbaine s'est tout spécialement intéressée à divers aspects de la vie des quartiers montréalais les plus multiethniques comme Parc-Extension, Saint-Laurent ou Côte-des-Neiges, pour ne nommer que ceux-là. Elle y a notamment étudié la gestion municipale de la diversité, dont l'évolution des équipements sportifs, observant par exemple que les terrains de soccer se multipliaient à Montréal sous l'influence des communautés culturelles friandes de ce sport autrefois moins prisé par les Québécois. Elle s'est aussi penchée sur les controverses entourant les lieux de culte, en regardant comment on arrive à des compromis de coexistence. De fil en aiguille, elle s'est bâti une renommée dans un domaine peu couvert en sciences sociales, celui de l'étude de la vie quotidienne dans l'habitat et les espaces publics tels les parcs, les rues commerciales et les bibliothèques.

«À la suite de la Commission Bouchard-Taylor [NDLR : Commission de consultation sur les pratiques d'accommodement reliées aux différences culturelles - 2007-2008], il y a eu plusieurs recherches universitaires sur la crise des accommodements raisonnables et le rôle de la presse dans celle-ci, explique Annick Germain. Nous souhaitions quant à nous voir ce qui se passait dans les pratiques quotidiennes des classes moyennes, pendant que les politiciens nous parlaient de leur insécurité identitaire face à une plus grande diversité.»

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Source :
Marianne Boire
PLANÈTE INRS, février 2014