2014-03-24 | UQAR

Des chercheurs en développement régional prennent part au débat sur les gaz de schiste

Au printemps 2011, le gouvernement du Québec entreprenait un ambitieux exercice d'évaluation environnementale stratégique (ÉES) pour renforcer les connaissances sur la filière énergétique controversée du gaz de schiste. Forts de leur expertise sur la filière éolienne et l'acceptabilité sociale, les professeurs Marie-José Fortin et Yann Fournis ont été mandatés dans ce cadre pour diriger deux importantes études destinées à éclairer les débats sociaux sur le sujet.

Rendu public le 17 février dernier, le rapport synthèse des différentes études remises au Comité de l'ÉES pose les bases de la consultation publique élargie que tiendra le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) au printemps 2014.

La première étude dirigée par les professeurs Fortin et Fournis porte sur la notion d'acceptabilité sociale. Estimée par plusieurs comme une « condition de réussite » des projets, cette notion pose toutefois plusieurs défis. « Nous sommes sur un terrain très délicat, explique Marie-José Fortin, titulaire de la Chaire de recherche en développement régional et territorial. L'expression même d'acceptabilité sociale prête à débat. Si de plus en plus de décideurs la présentent comme importante, de nombreux groupes sociaux craignent qu'elle soit récupérée par les promoteurs et ne serve qu'à forcer le passage de leurs projets. » Des propositions ont été avancées dans l'étude pour mieux définir la notion, comprendre les facteurs qui influencent ce phénomène et enfin tester quelques avenues méthodologiques pour saisir les dynamiques sociales autour de tels projets.

La seconde étude décrit quant à elle l'évolution des processus et pratiques de gouvernance dans trois secteurs de ressources (forestier, éolien, porcin), et tente d'en dégager des enseignements pour la filière du schiste. Comme le résume Yann Fournis, directeur du GRIDEQ, « on observe des changements dans les trois secteurs. L'État ne peut plus se contenter de réguler à distance comme par le passé, sans considérer les réalités territoriales et les demandes des communautés locales. On note cependant que la mise en pratique de ces nouveaux principes de gouvernance plurielle, plus participative, est très exigeante, car elle bouscule des façons de faire bien établies et remet en cause les équilibres entre grands acteurs. »

Sur la photo (de gauche à droite) : Raymond Beaudry, Danie Royer, Marie-José Fortin, Sylvain Cossette et Ève Devault.

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Source :
Abigaïl Rezelman
UQAR-info, 24 mars 2014