2014-03-31 | UQTR

Les circuits de neurones liés à la locomotion dans le traitement des blessures de la moelle épinière

Depuis une centaine d'années, les scientifiques savent qu'il est possible de générer une certaine locomotion chez un chat malgré une section complète de sa moelle épinière. Bien que le cerveau ne puisse plus transmettre de signal nerveux vers le bas du corps, l'animal arrive quand même à effectuer des mouvements rythmiques avec ses pattes postérieures. Ces gestes sont possibles parce qu'il existe, ailleurs que dans la tête, des cellules engendrant la locomotion. Ces dernières sont situées dans la moelle épinière et forment un générateur central de patron locomoteur (CPG). Ce générateur demeure toutefois une boîte noire pour les chercheurs qui, malgré certaines avancées, n'en connaissent pas encore tous les mécanismes. Passionné depuis longtemps par ce sujet, le professeur Hugues Leblond du Département d'anatomie de l'UQTR mène des travaux pour mieux comprendre le CPG et la locomotion.

«La locomotion, de même que la mastication et la respiration, sont des fonctions motrices automatiques chez les vertébrés, des rythmes de base fonctionnant sans avoir besoin d'y penser. Il existe un CPG pour chacun de ces automatismes, celui de la locomotion se trouvant dans la moelle épinière au niveau des vertèbres lombaires. En temps normal, des neurones du cerveau envoient des prolongements dans la moelle épinière pour contrôler les mouvements. Cependant, lors d'une blessure de la moelle épinière, ces prolongements sont sectionnés et le contrôle volontaire est perdu : c'est la paralysie. Malheureusement, chez l'humain, il n'existe pas encore de traitement pour la régénération de la moelle épinière. Toutefois, chez l'animal, les scientifiques ont démontré que malgré une paralysie, un entraînement locomoteur permet aux neurones du CPG, situés sous la lésion, de générer une marche automatique en quelques semaines. Cette récupération fonctionnelle de la locomotion peut être accélérée en utilisant des médicaments imitant les commandes du cerveau qui activent le CPG», explique le professeur Leblond.

Sur la photo : Hugues Leblond, professeur au Département d'anatomie de l'UQTR. (D. Jalbert photo : Philippe Gervais)

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Source :
Françoise Descoteaux
Campus Express, 28 mars 2014