2014-04-04 | UQAM

Un manuel qui rend fou?

Un enfant qui présente une irritabilité persistante et des épisodes fréquents de manque de contrôle pourrait être atteint du trouble de l'«humeur explosive». Se goinfrer deux fois par semaine pendant trois mois relèverait de l'«hyperphagie boulimique». Une personne ayant perdu un proche et qui, au bout d'un mois, continue de se sentir triste et déprimés souffrirait d'un trouble dépressif majeur. Ces nouveaux troubles mentaux se trouvent dans la cinquième édition du Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders, le fameux DSM-5.

Depuis sa parution en mai 2013, le DSM-5, qui recense près de 400 troubles mentaux, ne cesse de susciter le débat. Plusieurs lui reprochent de pathologiser de manière excessive les émotions et comportements humains.

Publié pour la première fois en 1952 par l'Association américaine de psychiatrie, avec une liste de moins de 100 psychopathologies, le DSM est devenu au fil des ans la référence pour les psychiatres, les psychologues et autres intervenants en santé mentale. «Ce manuel diagnostique est un bestseller, non seulement aux États-Unis mais aussi au Canada, au Québec et en Europe. On l'utilise pour prescrire un médicament, pour déterminer la capacité d'un employé à retourner au travail ou pour orienter le parcours scolaire d'un enfant», observe Marcelo Otero, professeur au Département de sociologie, qui comptait parmi les panélistes invités à une journée d'étude organisée récemment par l'Institut de recherche en santé publique de l'Université de Montréal (IRSPUM) .

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Source :
Claude Gauvreau
ACTUALITÉS UQAM
31 mars 2014