2014-04-09 | UQ

Un diplôme en dignité appliquée

Des itinérants? Plutôt des humains qui portent une souffrance sur leurs épaules, dans leur chair et leur sang. Une initiative sans pareille, l'Université de la Rue, permet de mieux aider ces êtres en rupture.

Ils traînent des échecs. De sorte que, échaudés par la vie, ils sont réfractaires à l'idée d'accepter de l'aide. Philippe Malchelosse, cofondateur et directeur général de l'organisme Point de Rue qui regroupe des travailleurs de rue, à Trois Rivières, en sait quelque chose : «On les appelle itinérants, mais ce sont des personnes en rupture sociale. Qui ont brisé leurs liens avec le monde. Et aussi avec eux-mêmes.»

Comment leur parler de réinsertion? Pour le gestionnaire, il faut rester réaliste. «Il y a des jeunes qui n'ont aucune idée de ce que peut être une journée de travail; de se réveiller le matin et d'aller au boulot. Alors leur parler de réinsertion... Il faut d'abord viser à établir la communication avec eux et c'est déjà beaucoup, car ils sont en situation de rejet.» Autant dire que le travail de rue exige patience, doigté, empathie; et suppose une forte dose de responsabilité professionnelle.

Sur la photo : Philippe Malchelosse, de l'organisme Point de Rue, Lyne Douville, professeure en psychoéducation à l'UQTR. Ils ont fondé l'Université de la Rue pour doter les travailleurs de rue d'outils, afin de prévenir l'itinérance.

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Source :
Raymond Lemieux,
La recherche dans le réseau de l'Université du Québec, vol. 4, no 1, 2014, p. VI-VII.