2014-07-17 | INRS

Utiliser la photo-électro-catalyse pour dépolluer les eaux usées

Photo © Christian Fleury

Même si elle goûte parfois bizarre au sortir du robinet, l'eau au Québec est bonne à boire. Plusieurs experts s'inquiètent toutefois de voir l'or bleu vicié par des composés chimiques utilisés dans l'industrie cosmétique ou pharmaceutique, par exemple. Échappant aux tamis des usines de traitement des eaux usées, ceux qu'on appelle polluants émergents se retrouvent dans nos verres et nos rivières. Titulaire d'une maîtrise et d'un doctorat en sciences de l'eau, Rimeh Daghrir raffine les pratiques industrielles d'assainissement des eaux usées. Avec ses travaux sur la photo-électro-catalyse, un procédé qui éradique cette nouvelle classe de contaminants d'une manière respectueuse pour les écosystèmes marins, la diplômée a raflé le Prix pour la meilleure thèse de doctorat du Centre Eau Terre Environnement lors de la dernière collation des grades de l'INRS.

Présents dans les antibiotiques, les antidépresseurs, les hormones, les stéroïdes ou les crèmes de nuit, les polluants émergents n'ont pas été nommés ainsi parce qu'ils sont nouveaux, mais plutôt parce qu'on commence à s'apercevoir de leurs effets nocifs sur la santé des humains et des animaux. Pensons au bisphénol A, un composé chimique des biberons en plastique dont la toxicité a été démontrée récemment après 40 ans d'utilisation. Il ne s'agit là que d'un exemple parmi 38 000 polluants émergents ayant des effets sur le système endocrinien. Chez l'homme, on soupçonne ces molécules d'être à l'origine du déclin du spermatozoïde ainsi que de nombreux cancers. Pour les espèces aquatiques, le portrait est encore plus sombre. «Ces contaminants perturbent les fonctions de bioluminescence chez le poisson pêcheur et le calmar, par exemple, et provoquent même des effets oestrogéniques chez ces espèces aquatiques, explique Rimeh Daghrir. Ils peuvent même entraîner la disparition de certaines espèces.»

À l'échelle mondiale, ces contaminants font l'objet de normes de plus en plus nombreuses. Au pays, la Loi canadienne sur la protection de l'environnement a identifié 23 000 polluants émergents qui font l'objet d'un contrôle normatif. Jugés selon leur persistance, leur bioaccumulation et leur toxicité, 393 d'entre eux ont été classés « haute priorité » parce qu'ils posent un risque plus grand pour l'environnement, la faune aquatique et la flore.

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Source :
Benjamin Tanguay
PLANÈTE INRS
Juin 2014