2014-07-31 | INRS

Du cannabis et des hommes

Photos © Christian Fleury

Les blagues sur son sujet de recherche, Véronique Chadillon-Farinacci les a toutes entendues. Il faut dire que le sujet en question est inusité : la jeune criminologue s'intéresse au «pot», plus précisément à la géographie du cannabis au Québec. «À mon arrivée au Centre Urbanisation Culture Société de l'INRS, j'étais considérée comme une drôle de bibitte, se rappelle en souriant la nouvelle diplômée du programme de maîtrise en études urbaines. Parmi ces gens qui étudiaient la participation citoyenne des jeunes ou l'employabilité des immigrants, j'étais une extraterrestre.» Deux ans plus tard, elle reçoit son diplôme en ayant non seulement publié des articles dans des revues prestigieuses, mais en ayant aussi fait connaître l'INRS sur la scène internationale et dans des disciplines nouvelles, comme la criminologie. Cette notoriété a valu à Véronique Chadillon-Farinacci un des Prix du rayonnement international pour l'année 2013-2014.

Charmante, allurée, élégante : on imagine mal Véronique en milieu carcéral. Elle en est pourtant une habituée, elle qui a fait un stage en pénitencier puis qui a passé tout bonnement du temps à Bordeaux, comme bénévole. «Je suis curieuse, j'aime essayer plein de choses. Je veux contribuer à régler des problèmes. Je participais à des discussions avec les détenus pour leur montrer que les "straights" peuvent quand même avoir une vie excitante.»

Après son baccalauréat en criminologie à l'Université de Montréal, elle décide de présenter les résultats d'un précédent contrat de travail à un concours d'affiches autrefois organisé par l'INRS. Elle remporte alors les honneurs et se fait remarquer par le professeur Philippe Apparicio, qui lui propose d'entreprendre une maîtrise avec lui. Elle se lance, déterminée à démontrer que criminologie et études urbaines s'allient plus naturellement qu'on ne le croit. Elle fonde ses recherches sur cette question : quand la demande en cannabis se concentre dans une grande ville comme Montréal, où la culture se fait-elle?

Le «pot» sur la carte
Au Québec, des statistiques de 2008 révèlent que 12,2 % des gens de plus de 15 ans consomment du cannabis. Comme Montréal est la métropole, c'est là qu'on retrouve le plus de consommateurs. Les producteurs de cannabis ont tout intérêt à oeuvrer à faible distance de ce marché. Bien que leur commerce illégal soit principalement réalisé en ville, les producteurs doivent toutefois s'installer suffisamment loin pour avoir accès à des champs où les plants seront bien camouflés. Mais où?

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Source :
Joël Leblanc
PLANÈTE INRS.CA
juin 2014