2014-08-07 | INRS

Un diplômé de l'INRS invente un système d'analyse du son pour améliorer l'audition des malentendants

João Felipe Santos n'entend pas comme tout le monde. Ses oreilles fonctionnent très bien et son cerveau analyse parfaitement les sons, mais lorsqu'il arrive dans un endroit, il devine si un malentendant y percevrait facilement une conversation. Ou l'inverse.

«Dans une grande pièce sans meuble, donc propice aux échos, donne-t-il en exemple, nous entendons bien parce que notre système auditif fait naturellement un tri et que nous n'avons pas conscience de percevoir les échos. Mais pour quelqu'un qui porte un appareil auditif, c'est une autre histoire : la machine perçoit toutes les réverbérations des sons et les transmet sans distinction. Suivre une conversation dans une telle cacophonie devient impossible.» La maîtrise en télécommunications de João Felipe a porté sur la mesure de l'intelligibilité du discours pour les porteurs d'implants cochléaires. Il a développé un système d'analyse de la qualité des conversations qui permettra un jour aux appareils auditifs comme les implants cochléaires de s'adapter en temps réel aux particularités d'une discussion dans divers environnements.

On estime que le Canada compte environ 3,5 millions de personnes malentendantes ou sourdes, une statistique qui ne pourra qu'augmenter avec notre population qui vieillit. Avec l'accent portugais de son Brésil natal, João Felipe Santos explique un peu plus la réalité des gens souffrant de surdité sévère ou profonde. «Porter un implant cochléaire, c'est déjà mieux qu'être totalement sourd, mais c'est loin de fournir une audition pleine et entière. Notre oreille est sensible à tout un éventail de fréquences sonores allant de 20 Hz à 20 000 Hz. Un implant ne compte que 20 petites électrodes qui sont délicatement implantées à 20 endroits dans la cochlée. Cela veut dire que la personne ne perçoit qu'une vingtaine de fréquences parmi toutes celles possibles. Ce qu'elle entend s'apparente un peu à une voix de robot.»

À cette limitation technologique s’ajoute la qualité variable des conversations qui sont perçues. Dans une chambre feutrée ou une pièce en béton, dans un gymnase presque vide ou en plein air, l’environnement sonore n’est pas le même. Pour les résultats de ses recherches, qu’il a menées à terme en seulement 19 mois, l’INRS a décerné à João Felipe Santos, lors de sa collation des grades 2013-2014, le Prix du meilleur mémoire de maîtrise pour le Centre Énergie Matériaux Télécommunications et une des deux Bourses d’excellence du recteur.

Source :
Joël Leblanc
PLANÈTE INRS.CA
Juin 2014