2014-08-18 | UQTR

Un papier antiadhésif plus vert grâce à l'esters de phosphate

Les papiers antiadhésifs utilisent le silicone comme revêtement, un matériaux qui empêche le recyclage de la fibre. Dan Belosinschi, docteur en sciences et génie des matériaux lignocellulosiques de l'UQTR, propose une solution dans sa thèse intitulée «Application de dispersions d'esters de phosphate par couchage rideau pour la production de papier antiadhesif».

Les papiers antiadhésifs sont des matériaux de consommation fabriqués en quantités importantes mais dont le taux de recyclage demeure toujours très faible. Le silicone, qui sert comme couche de revêtement antiadhésif, empêche la désintégration adéquate du substrat fibreux et donc la récupération des fibres individualisées lors de la remise en pâte des papiers récupérés. Une solution à ce problème pourrait être le remplacement du silicone par un autre agent de revêtement qui assurerait la recyclabilité du produit tout en conservant sa fonctionnalité.

Cette étude propose l'utilisation des esters de phosphate (EP) comme nouveaux matériaux de revêtement antiadhésif. Contrairement au silicone, la structure moléculaire des EP consiste en une longue chaîne alkyle linéaire apolaire, qui est la marque du caractère antiadhésif, et le groupement phosphate polaire qui assure l'interaction chimique avec le substrat. Les essais au décollement des rubans adhésifs confirment les propriétés antiadhésives des surfaces de papiers enduites avec EP tout en assurant une récupération intégrale des fibres après la remise en pâte.

«Nous avons réussi à conserver jusqu'à 90% du pouvoir adhésif de la colle en optimisant les conditions d'application de l'EP : grammage de la couche, utilisation d'urée comme agent de liaison (catalyseur) et paramètres du traitement thermique. Malgré le fait que la résistance au pelage demeure toujours trop élevée par rapport au papier siliconé, les résultats obtenus sont prometteurs dans la perspective du développement d'un nouveau papier antiadhésif plus vert. Il ne reste qu'à trouver un catalyseur qui, contrairement à l'urée, favorise uniquement la réaction du groupement phosphate, sans hydrolyse du lien ester. Ceci permettra de lier chimiquement la molécule d'ester de phosphate à la surface du papier», précise le docteur en sciences et génie des matériaux lignocellulosiques de l'UQTR, Dan Belosinschi.

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Source :
Rédaction En Tête
13 août 2014