2014-11-17 | UQAM

Nouvelles configurations amoureuses

Si l'idéal du couple - et de la famille - demeure bien vivant chez la plupart des jeunes d'aujourd'hui, il est révolu le temps où il fallait se cacher pour avoir des relations sexuelles en dehors des liens sacrés du mariage. L'éclatement de la norme monogamique hétérosexuelle, au cours des dernières décennies, a donné lieu à une panoplie de nouvelles configurations amoureuses. «Amis avec bénéfices», polyamour, fluidité sexuelle... En particulier chez les jeunes (mais pas seulement), la sexualité et le plaisir partagé ont pris une importance capitale dans les relations amoureuses, qui peuvent désormais se conjuguer sans engagement à la clé.

«Plusieurs facteurs, dont la libéralisation du divorce et l'accès de plus en plus important des femmes au marché du travail, depuis les années 1960, ont transformé en profondeur le contexte des relations amoureuses», observe Chiara Piazzezi, professeure au Département de sociologie. Au cours de la même période, un nouveau discours sur la sexualité a commencé à se faire entendre. On a assisté à l'émergence de la notion de droit au bonheur, et même de droit au plaisir. «L'affirmation des droits des minorités sexuelles, en particulier des homosexuels, a aussi été un facteur important», souligne la sociologue.

«Les changements sociaux des dernières décennies ont légitimé la quête de réalisation de soi, qui motive davantage les choix que nous faisons en matière de relations amoureuses», renchérit son collègue Martin Blais (M.A. sexologie, 01 ; Ph.D. sociologie, 07), professeur au Département de sexologie. À une autre époque, rappelle-t-il, les trajectoires individuelles se pliaient aux exigences du couple et de la famille, entre autres pour des raisons de sécurité matérielle et financière. «Aujourd'hui, chaque individu peut assurer sa propre sécurité matérielle et c'est le couple qui s'adapte aux trajectoires des individus.»

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Source :
Marie-Claude Bourdon
ACTUALITÉS UQAM
12 novembre 2014