2014-12-05 | UQAM

Hécatombe parmi les fous de Bassan

Avril 2010. La plateforme pétrolière Deepwater Horizon explose dans le golfe du Mexique, générant une marée noire dévastatrice pour la faune et la flore de la région. Le professeur Jonathan Verreault, du Département des sciences biologiques, et l'étudiante à la maîtrise Cynthia D. Franci (B. Sc. biologie, 2011, M. Sc. biologie, 2013) entreprennent alors une recherche en collaboration avec l'Université du Québec à Rimouski afin de documenter les répercussions de cette catastrophe environnementale sur les fous de Bassan, dont environ 25 % de la colonie de l'île Bonaventure, à Percé, migre dans le golfe du Mexique en hiver.

À l'automne 2010, les chercheurs équipent de géolocateurs 40 fous de Bassan avant leur migration. Lors du retour des oiseaux à l'été 2011, ils procèdent à des analyses sanguines et hormonales, mais les données ne révèlent pas de différences significatives entre les oiseaux qui ont migré dans le golfe du Mexique et ceux qui ont séjourné sur la côte est de la Floride ? un article fait état de cette recherche dans Science of the Total Environment à l'automne 2013.

Une donnée attire toutefois l'attention des scientifiques. D'autres chercheurs qui s'intéressent aux fous de Bassan font état de chiffres alarmants concernant le taux de reproduction de l'espèce. Ce taux, qui se situe généralement autour de 70 %, était tombé à 22 % environ en 2011, puis à 8 % en 2012. «Puisque des chercheurs avaient constaté le même phénomène chez d'autres espèces marines, comme les macareux et les bélugas, on a soupçonné qu'il s'était passé quelque chose d'inhabituel dans le golfe du Saint-Laurent à l'été 2012, probablement au chapitre de l'accès à l'alimentation», note Jonathan Verreault.

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Source :
Pierre-Etienne Caza
ACTUALITÉS UQAM
4 décembre 2014